La règle de Mireille

À 75 ans, la petite-fille de Berty Albrecht désobéit à sa mère pour parler de démocratie

Coming out politique · texte de Chilina Hills, adhérente du PIC, première parution dans sa lettre d’information · lecture accompagnée de la rédaction de Politoscope

Elle a soixante-quinze ans, plus de quarante ans de métier passés à apprendre aux dirigeants comment dire les choses, et un nom de famille qu’on lui a appris à taire. Dans sa lettre d’information, Chilina Hills, petite-fille de Berty Albrecht (cofondatrice du mouvement Combat, Compagnon de la Libération), vient de faire ce qu’elle nomme elle-même son « coming out politique » : elle s’engage au PIC. Nous publions son texte en intégralité, avec son aimable autorisation, et nous disons ce qu’il nous semble annoncer.

Transparence : Chilina Hills est adhérente du Pari de l’Intelligence Collective, dont Politoscope est le blog. Nous ne revendiquons donc aucune neutralité ; seulement l’exactitude.

Il est des aveux qui ne coûtent rien et que l’époque applaudit à proportion de leur innocuité ; il en est d’autres, plus rares, que personne n’exigeait, qui ne rapportent ni place ni faveur, et qui pèsent pourtant plus lourd que toutes les professions de foi d’estrade, parce qu’ils sortent d’une bouche qui s’était juré, par fidélité bien plus que par prudence, de rester close.

Celui de Chilina Hills appartient à la seconde espèce.

Voici une femme qui gagne sa vie à enseigner la parole juste à des gens dont le métier est de convaincre, et qui a passé la sienne à ne jamais prononcer le seul mot qui lui aurait ouvert, sans le moindre effort, à peu près toutes les portes. Elle vient de le prononcer. À l’âge où l’on n’a plus rien à gagner, qui est peut-être le seul âge où l’on parle vraiment.

Le mot qu’elle choisit pour annoncer la chose a de quoi faire sourire : coming out. On l’emploie d’ordinaire pour la révélation d’une identité que la société obligeait à cacher. Qu’une citoyenne de soixante-quinze ans doive emprunter ce vocabulaire pour avouer qu’elle mène une « double vie » consacrée à la démocratie, voilà qui en dit plus long sur l’état de la République que bien des enquêtes d’opinion : dans un pays où l’on confesse plus volontiers ses vices que ses convictions, l’engagement civique se pratique désormais en rasant les murs.

Dans cette famille-là, pourtant, la clandestinité n’a jamais été une métaphore.

Lisons-la.

Bon… puisque nous sommes entre nous, il faut que je vous avoue quelque chose.

Depuis quelque temps, je mène une sorte de double vie. Rien de très sulfureux, je vous rassure (ah zut, vous êtes déçus). Simplement, je passe une bonne partie de mon temps à réfléchir, discuter, lire, corriger, participer à des réunions, en organiser d’autres…autour d’un sujet qui n’était pas à priori mon sujet de prédilection : la démocratie.

Oui, je sais, il y a plus léger pour commencer un mail. Mais franchement, ce qui m’arrive est plutôt amusant : à 75 ans, au lieu de devenir raisonnable (je ne l’ai jamais été vraiment !) me voilà embarquée dans une aventure politique. Enfin… politique, oui, mais trans-partisanne. Trans-partisanne parce qu’il ne s’agit pas de choisir un camp contre un autre, ni de décider que les bonnes (ou mauvaises) idées seraient forcément de gauche, de droite ou du milieu. Autrement dit, et sauf bouleversement majeur de ma personnalité, je ne vais pas vous expliquer pour qui vous devriez voter (ouf 😅).

Cette aventure s’appelle le # PIC, le Pari de l’Intelligence Collective. J’y suis entrée doucement, par curiosité d’abord, Puis je m’y suis intéressée de plus près. Puis franchement passionnée. Et aujourd’hui, autant vous le dire, j’y suis à fond ! Bref, il faut bien appeler les choses par leur nom : je vous fais mon coming out politique.

Voilà, c’est dit.

Chilina Hills

Ni consigne de vote, ni carte de parti

Deux choses, d’emblée, qui comptent plus qu’il n’y paraît.

La première : Chilina Hills ne vous dira pas pour qui voter, et ce n’est pas une coquetterie. Le PIC n’est pas un parti en quête d’électeurs ; c’est un mouvement transpartisan en quête de citoyens, ce qui est une tout autre chasse, plus lente, plus ingrate, et dont le gibier a la fâcheuse habitude de penser par lui-même.

La seconde : elle y est venue par curiosité et y est restée par passion. C’est le seul chemin qui tienne, et nous le souhaitons à chacun de nos lecteurs ; on n’adhère durablement qu’à ce qu’on a d’abord eu le droit d’interroger, et un mouvement qui redoute les questions de ses propres membres a déjà commencé, sans le savoir, à ressembler à ce qu’il prétend combattre.

Mais l’essentiel est ailleurs. Il tient dans une règle de famille, et dans la décision, longuement mûrie, de l’enfreindre.

Mais puisque j’en suis aux confidences, autant aller jusqu’au bout : je vais enfreindre une règle familiale avec laquelle j’ai grandi – et que j’ai respectée toute ma vie : je vais utiliser le nom de ma grand-mère.

Pas en vain, je vous rassure. 😉 Mais délibérément.

Elle s’appelait Berty Albrecht.

Peut-être connaissez-vous son nom. Peut-être pas. Berty fut la co-fondatrice, avec Henri Frenay, du mouvement de Résistance Combat. Arrêtée par la Gestapo, emprisonnée et torturée, elle se donna la mort à la prison de Fresnes en 1943. Elle fut faite, à titre posthume, Compagnon de la Libération – l’Ordre créé par le général de Gaulle en 1940 – et repose aujourd’hui dans la crypte du Mémorial de la France combattante, au Mont Valérien.

Ça, c’est Berty dans les livres d’Histoire. Quant à moi, évidemment, je ne l’ai pas connue. Elle est morte en 1943 et je suis née en 1951. Mais j’ai grandi avec elle malgré tout, à travers ma mère Mireille, sa fille. Elle me parlait de sa mère, mais elle me parlait finalement assez peu de la résistante et de la guerre. Elle ne voulait surtout pas que je grandisse écrasée – ou simplement ennuyée ! – par le poids de cette histoire familiale.

Ce qu’elle me racontait, c’était sa mère. Une femme libre, anticonformiste, résolument féministe, avec un sacré caractère, des convictions et des colères, mais aussi beaucoup d’humour. Ma mère me racontait leurs fous rires – et j’aimais cette Berty-là : non pas une héroïne figée dans l’Histoire, mais une femme vivante, qui riait, s’enthousiasmait, se révoltait et bousculait volontiers les idées reçues.

Chilina Hills

Les deux Berty

Il y a d’abord la Berty des plaques commémoratives, celle que la République a fixée dans le bronze, et il faut la rappeler faits à l’appui pour mesurer de quoi l’on parle : née à Marseille le 15 février 1893 dans une famille protestante, infirmière pendant la Grande Guerre, formée plus tard au service social, elle lance en 1933 une revue dont le titre seul faisait scandale, Le Problème sexuel, où elle défend cinq numéros durant, de novembre 1933 à juin 1935, le droit des femmes à la contraception et à l’avortement (trente-quatre ans avant la loi Neuwirth, quarante-deux avant la loi Veil) ; puis, la défaite consommée, elle bâtit avec Henri Frenay ce qui deviendra le mouvement Combat, est internée par Vichy au printemps 1942, arrache son procès au prix de treize jours de grève de la faim, simule la folie pour être transférée à l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Bron, d’où un commando de Combat la fait évader le 23 décembre 1942 avec l’aide de sa fille Mireille, qui n’a pas vingt ans, avant d’être arrêtée par la Gestapo à Mâcon le 28 mai 1943 et de mourir à la prison de Fresnes trois jours plus tard, le 31 mai, à cinquante ans.

Faite Compagnon de la Libération par décret du 26 août 1943, elle est l’une des six femmes seulement parmi un peu plus d’un millier de compagnons. Le 11 novembre 1945, elle est l’une des deux femmes, avec Renée Lévy, parmi les quinze combattants inhumés au Mont-Valérien.

Voilà pour le bronze.

Et puis il y a l’autre Berty, celle que les plaques ne savent pas dire, et que sa petite-fille n’a jamais connue autrement que par la voix de Mireille : une femme libre, féministe, drôle, qui avait le goût de déranger. Mireille, nous dit Chilina, parlait peu de la guerre ; elle parlait de sa mère. Les monuments retiennent les martyres ; les filles se souviennent des mères qui riaient. C’est cette Berty-là, vivante, impertinente, encombrante pour les idées reçues, qui intéresse sa petite-fille ; c’est elle aussi qui nous intéresse, parce que les statues n’ont jamais rien fondé, et que les vivants, si.

Et parmi tout ce que ma mère m’a raconté, il y a une chose qui me revient beaucoup depuis que je participe au # PIC : Berty pensait qu’une fois la guerre gagnée, il ne suffirait pas de reconstruire la France. Il faudrait aussi reconstruire la démocratie : réfléchir autrement à la manière dont le pouvoir s’exerce, donner aux citoyens une place réelle dans les décisions qui façonnent leur vie, et éviter que quelques-uns finissent toujours par décider pour tous les autres.

Elle s’était même beaucoup intéressée au communisme, avant de comprendre que le régime soviétique avait réussi ce tour de force assez sinistre : prétendre rendre le pouvoir au peuple…tout en le lui confisquant.

Et c’est exactement cette réflexion qui m’a conduite au # PIC.

Regardez un peu comment nous faisons fonctionner notre démocratie. Nous votons. Quelqu’un gagne. Il décide. Nous sommes d’accord ou pas d’accord. Nous râlons – avec un certain talent national, reconnaissons-le. Puis nous revotons. Et ainsi de suite.

Alors, je ne sais pas vous, mais moi, ça ne me suffit plus. Je ne veux pas seulement choisir qui décidera à ma place. Je veux que les citoyens puissent participer eux-mêmes aux décisions. Non pas en répondant oui ou non à une question simpliste sur Internet, ni en additionnant les opinions des uns et des autres, et encore moins en demandant son avis à celui qui crie le plus fort. Mais en faisant quelque chose que nous pratiquons finalement assez peu : réfléchir ensemble. Prendre le temps de comprendre un problème, avoir accès aux mêmes informations, écouter des gens qui ne pensent pas comme nous, confronter nos expériences, accepter qu’une question puisse être compliquée. Et même – allez, soyons fous – changer d’avis lorsqu’un autre argument est meilleur que le nôtre.

C’est cela l’intelligence collective, et c’est cela que j’ai trouvé dans le PIC.

Chilina Hills

Le pouvoir rendu, puis confisqué

Retenons la formule que Chilina Hills prête à sa grand-mère, revenue de ses sympathies communistes : un régime qui prétend rendre le pouvoir au peuple tout en le lui confisquant. Tout est là. La phrase est d’une sobriété de procès-verbal, et elle vaut traité.

Qu’on nous entende bien : il n’existe aucune commune mesure entre le régime soviétique, la France occupée et notre démocratie fatiguée. Comparer les crimes serait une indécence, et nous laissons cette indécence à d’autres. Mais les mécanismes, eux, se comparent. Et celui-ci, la confiscation au nom même de celui qu’on dépossède, connaît des formes douces, polies, parfaitement légales.

Le 29 mai 2005, 54,67 % des suffrages exprimés rejettent le traité constitutionnel européen. Moins de trois ans plus tard, le Parlement réuni en Congrès ouvre la voie à la ratification du traité de Lisbonne, qui en reprend l’essentiel. Nul n’y a perdu la liberté ni la vie, et c’est précisément ce qui rend la chose si confortable : on a demandé son avis au peuple, puis on s’en est passé, dans les formes.

Le cycle que décrit Chilina Hills (on vote, un élu décide, on râle, on revote) n’est pas davantage une découverte. Elle le dit avec ses mots, qui sont ceux de tout le monde. Rousseau l’écrivait en 1762 avec les siens : « Le peuple Anglois pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. » Deux cent soixante-quatre ans d’écart, et le même manège. Nous avons seulement remplacé les Anglais par nous-mêmes.

La génération de Berty savait cela. Le 21 août 1944, quatorze mois et vingt et un jours après sa mort à Fresnes, le journal du mouvement qu’elle avait contribué à fonder sort de la clandestinité ; Albert Camus y signe un éditorial dont le titre tient lieu de programme : « De la Résistance à la Révolution ». Ces gens-là ne se battaient pas seulement pour chasser l’occupant ; ils entendaient que la France libérée fût autre chose qu’une restauration.

Ce que Chilina Hills a trouvé au PIC, elle le décrit sans jargon : de l’information partagée, de l’écoute, du débat, et cette chose devenue si rare qu’on la croirait proscrite, la remise en question. Nous ajouterons seulement les noms que nous donnons à ces pratiques. La questiologie, qui consiste à travailler la question avant de se jeter sur la réponse. Les salons vocaux, où l’on délibère à voix haute et à visage découvert. La gouvernance collégiale, qui interdit à quiconque (et d’abord à son fondateur, nous plaidons coupables d’avance) de se prendre pour l’homme providentiel. Ce que ces pratiques visent n’a rien d’une énième troisième voie sortie tout armée d’un cerveau génial : c’est la tuyauterie qui manque à notre démocratie, celle par laquelle le savoir dispersé des citoyens remonterait enfin jusqu’à la décision, au lieu de s’évaporer tous les cinq ans dans l’isoloir.

Alors pourquoi pourquoi diable vous parler de Berty ? C’est là que cela a été un peu délicat pour moi, car ma mère m’avait transmis une règle très claire : on ne se sert pas du nom de Berty. Son courage était le sien. Son histoire était la sienne. Et être sa fille ou sa petite-fille ne nous donnait aucun mérite particulier.

Ce principe n’avait d’ailleurs rien de théorique car le nom de Berty avait du poids – et il en a encore. Si ma mère, puis moi-même, avions voulu nous en servir comme d’un passeport, il nous aurait sans aucun doute ouvert bien des portes, notamment dans les cercles du pouvoir ou à leurs abords. Nous avons toujours choisi de ne pas les pousser.

Cette règle, je l’ai respectée toute ma vie. Et je continue à penser qu’elle est juste.

Mais depuis quelque temps, une petite voix me dit : « D’accord. Mais si tu ne te sers pas de son nom pour toi ? Si tu le mets au service d’une idée ? » Et comme cette idée, ce projet, est au service du bien commun et de notre nation, j’ai décidé, à 75 ans, de désobéir un tout petit peu à ma mère. Ce qui, vous en conviendrez, est un âge assez raisonnable pour commencer !

Je ne vais surtout pas vous dire : « Berty aurait soutenu le PIC », et je me garderais bien de la faire parler à titre posthume ! Mais il y a une chose que je sais, c’est que les questions qui sont au coeur du PIC – la démocratie, le pouvoir, la souveraineté du peuple, notre capacité à décider ensemble – étaient déjà profondément les siennes.

Alors peut-être est-ce aussi ma manière de reprendre, très modestement – et très tardivement ! – le fil d’une transmission familiale qui a commencé bien avant ma naissance.

Chilina Hills

Ce que dit une règle qu’on brise

Il faut prendre la mesure de ce qu’on vient de lire.

Un nom comme celui de Berty Albrecht est de ceux qui figurent sur les plaques de rues et aux frontons des écoles ; il ouvre, d’un seul mot, les antichambres que d’autres mettent une carrière à franchir. Mireille en avait tiré une règle simple : ce nom ne conférait à ses descendants aucun mérite, et l’on ne s’en servirait pas. Deux générations l’ont tenue. Dans un pays où l’on a vu plus d’un héritier vivre de la rente d’un patronyme, et monnayer sur les plateaux la gloire d’un aïeul dont il ne partageait que l’état civil, cette famille a fait l’inverse : elle a tenu le nom pour une dette.

Une famille qui a refusé pendant deux générations de convertir ce nom en avantage ne le dépense pas sur un coup de tête. Et si elle le dépense aujourd’hui, c’est au bénéfice d’un mouvement citoyen qui n’a ni investiture à promettre, ni ministère à distribuer, ni fauteuil à offrir. On ne brise pas, à soixante-quinze ans, la règle de sa mère pour une broutille ; on la brise quand on juge l’heure assez grave pour cela.

Voilà le signal.

Nous n’en ferons pas davantage qu’il n’est. Une hirondelle ne fait pas le printemps, et nous ne bâtirons pas une théorie de l’éveil national sur une lettre d’information. Mais ceux qui pratiquent la veille savent une chose que les sondeurs ignorent : les basculements ne s’annoncent jamais par le vacarme des bavards, qui crient en toute saison ; ils s’annoncent par le silence rompu des taiseux. Quand ceux qui avaient toutes les raisons de se tenir à l’écart (par pudeur, par honneur, par lassitude, ou simplement parce qu’on leur avait appris que cela ne se faisait pas) se mettent à parler, c’est que quelque chose, sous la surface, a cédé. Les époques ne changent pas de cap quand les tribuns haussent le ton ; elles en changent quand les discrets cessent de l’être.

Reste le plus délicat, que Chilina Hills a traité avec une élégance qui nous oblige. Elle se refuse à faire parler sa grand-mère, à lui prêter un soutien posthume, à l’enrôler. Nous nous l’interdisons de même. Les morts n’adhèrent à rien, et ceux qui les encartent d’office font rarement honneur à leur mémoire.

Mais on n’hérite pas des réponses de ses morts ; on hérite de leurs questions. Celle que les récits de Mireille ont transmise à sa fille (comment rendre au peuple un pouvoir qu’on ne lui confisquera pas aussitôt) n’a pas pris une ride en quatre-vingt-trois ans. Elle attend toujours sa réponse. Nous avons la faiblesse de croire que cette réponse ne descendra d’aucun sauveur, qu’elle montera plutôt de beaucoup de gens ordinaires décidant un jour de penser ensemble ; et que ce jour-là commence, pour chacun, par une règle intérieure qu’on accepte enfin d’enfreindre.

Voilà, cette fois, je crois bien que mon coming out est complet :

Je suis la petite-fille de Berty Albrecht. J’ai 75 ans (bon pied bon oeil Dieu merci !). Et je crois dur comme fer que nous pouvons ensemble réinventer notre démocratie.

Si tout cela vous intrigue, si, comme moi, vous aspirez à une véritable démocratie, ne me croyez surtout pas sur parole. Allez voir, lisez, questionnez, contestez, venez discuter avec nous. Et si, à votre tour, vous vous dites qu’il y a peut-être quelque chose à tenter, parions ensemble : il nous reste encore cinq mois pour changer le cours des choses !

… Et si on pouvait y arriver avant mes 80 ans, ce serait magnifique !

Chilina Hills

Un quinquennat

« Avant mes 80 ans », écrit-elle.

Cinq ans : la durée exacte d’un quinquennat.

On nous pardonnera de lire dans ce délai une ironie que Chilina Hills n’a peut-être pas cherchée, mais qu’une femme dont le métier est de peser les mots ne désavouera sans doute pas. Elle accorde à la démocratie française un quinquennat, un seul, pour apprendre à ne plus tout attendre d’un seul homme tous les cinq ans.

Elle a soixante-quinze ans, une règle de famille rompue derrière elle, et pas une minute à perdre.

Et vous, quelle est votre excuse ?

#PIC #PourNosEnfants

Connexe, pour aller + loin :

Texte de Chilina Hills reproduit avec l’aimable autorisation de l’autrice.

Sources

Le texte original

Chilina Hills, « Mon coming out… », lettre d’information

Berty Albrecht

Ministère des Armées, Chemins de mémoire, portrait de Berty Albrecht (musée de l’Ordre de la Libération)

Wikipédia, notice « Berty Albrecht » (Le Problème sexuel, évasion du Vinatier, Mont-Valérien)

Wikipédia, notice « Renée Lévy » (les quinze combattants inhumés le 11 novembre 1945)

Pièces à conviction

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, livre III, chapitre XV, « Des députés ou représentants »

Revue Conflits, recension de La France libérée 1944-1947 (l’éditorial de Camus du 21 août 1944)

Public Sénat, « 20 ans après, la plaie encore vive du référendum sur la Constitution européenne »

Frédéric Bascuñana
Frédéric Bascuñanahttps://politoscope.fr
Entrepreneur, citoyen engagé. J’observe avec tristesse mon pays perdre son honneur sous les exactions d’une caste cynique. Retrouvons notre dignité collective.

Latest articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Related articles

Qui tient l’antenne tient le référendum

Deux heures vingt-sept d’entretien sur Thinkerview, six mois d’enquête, 69 recommandations : Charles Alloncle est parti chiffrer des marges et revient en plaidant pour la démocratie directe. Nous acceptons son diagnostic, contestons son remède, et posons quinze questions sur la loyauté des médias avant un référendum.

EPR2 : la troisième saignée

Pour financer six EPR2, Bruxelles exige des câbles vers l'Espagne et une part du courant pour les concurrents d'EDF. Troisième saignée en seize ans, toujours sans le peuple : l'enquête, et sept amendements à la Constitution d'urgence du #PIC.

Le référendum ou la mort

Richard Ferrand assure qu'« il n'y a pas de débat » sur la révision de la Constitution par référendum. L'avocat Ghislain Benhessa lui oppose de Gaulle, Mitterrand, le Conseil constitutionnel lui-même, et une statistique : huit référendums sur neuf ont été organisés au titre de l'article 11.

Qui élève vos enfants ?

Le 8 octobre, le Conseil d’État a confirmé que les parents n’ont ni à consentir, ni à être prévenus des séances d’éducation à l’intimité de leurs enfants. Anatomie d’une dépossession — et de la plus vieille tentation du pouvoir.

Qui s’y frotte s’y #PIC

Pourquoi les mouvements vertueux meurent d’abord de ceux qui leur ressemblent : la chronique de Frédéric Bascuñana aux militants de la Forge du #PIC, coups de gueule compris.