Synthèse en 20 thèmes-clés abordés dans cet entretien :
1. La méthode de l’engrenage et la dépossession démocratique (Camille Adam)
Ce thème constitue la clé de voûte de l’analyse institutionnelle de l’entretien. Camille Adam y décortique la machinerie pensée dès l’origine par les pères fondateurs (et théorisée par Jacques Delors) pour priver progressivement les États-Nations de leur souveraineté sans jamais solliciter l’assentiment des peuples. Le mécanisme est redoutable : en transférant une compétence technique (comme la libre circulation des capitaux), on génère délibérément un déséquilibre ou une crise (la spéculation financière) qui ne pourra être résolue qu’en abandonnant un nouveau pan de souveraineté (la création de la monnaie unique). La crise n’est donc pas un accident, mais le moteur même de l’intégration forcée.
« Vous soustrayez une première parcelle de souveraineté à un État, ce qui le place mécaniquement dans un déséquilibre tel qu’il se verra contraint de transférer d’autres pans de sa souveraineté, et ainsi de suite. »
« En transférant un premier pouvoir, vous créez une faille par laquelle les marchés vous attaquent, ce qui vous force à transférer le pouvoir suivant. »
Pertinence et critique : Ce thème est essentiel car il déplace le débat de l’idéologie vers la mécanique institutionnelle pure. Toutefois, la vision d’un piège technocratique absolu étalé sur un demi-siècle peut prêter le flanc à une critique de déterminisme : elle tend à occulter la part de responsabilité, d’incompétence ou de lâcheté de nos propres dirigeants nationaux, en attribuant à « l’Europe » une forme d’omniscience machiavélique.
2. L’ADN corporatiste de l’Union et la Table Ronde des Industriels (Camille Adam)
L’entretien pulvérise le mythe d’une Europe construite par des philosophes humanistes pour garantir la paix. Camille Adam rappelle que le tournant décisif de l’Acte Unique de 1986 a été pensé, rédigé et imposé par l’ERT (European Round Table of Industrialists), un puissant lobby regroupant les plus grands capitaines d’industrie du continent. L’objectif n’était pas la fraternité des peuples, mais la création d’un grand marché dérégulé, taillé sur mesure pour le grand patronat, en détruisant les barrières normatives nationales pour fluidifier le commerce et peser sur le coût du travail.
« Cette conception du marché unique ne jaillit pas spontanément du cerveau de Jacques Delors. Elle est le fruit d’un groupe de pression industriel, l’ERT. »
« L’ADN de l’Union est donc, dès sa genèse moderne, irrémédiablement taillé pour servir les intérêts du grand patronat et du grand capital industriel. »
Pertinence et critique : L’argument est redoutablement efficace pour déconstruire la « romance sirupeuse » des manuels scolaires. Il nécessite cependant d’être manié avec précaution pour ne pas sombrer dans un complotisme réducteur ; d’où l’excellente initiative de l’invité qui rappelle que ces lobbys agissent au grand jour et publient leurs rapports en toute transparence.
3. L’illusion d’une « réforme de l’intérieur » (Camille Adam / Alain)
C’est une attaque frontale contre les éléments de langage de la quasi-totalité des partis politiques français (RN, LFI, Reconquête), qui promettent à leurs électeurs de changer l’Europe sans la quitter. En s’appuyant sur l’échec cuisant d’Emmanuel Macron, qui s’est vu refuser un véritable budget de la zone euro par une coalition de dix-sept États membres, Camille Adam démontre que la France n’a plus le poids politique ni arithmétique pour imposer ses vues. L’Union n’est pas réformable car elle a été verrouillée juridiquement pour ne jamais l’être.
« Si un dirigeant qui se soumet aux diktats allemands se fait écraser de la sorte, comment imaginer qu’un candidat souverainiste puisse imposer ses vues ? »
« La malhonnêteté de formations comme LFI ou le RN réside dans le flou de leurs exigences. Que veulent-ils réformer au juste ? »
Pertinence et critique : Cette posture d’intransigeance intellectuelle est l’un des sommets de l’interview. Elle a le mérite de dissiper le brouillard électoral. On peut néanmoins lui reprocher un certain fatalisme diplomatique qui considère que tout rapport de force, même mené par une nation frondeuse et déterminée, est voué à l’échec avant même d’avoir été tenté.
4. La violence assumée du Frexit : le discours de vérité (Camille Adam)
Contrairement aux marchands d’illusions qui promettent des lendemains qui chantent sitôt les traités rompus, l’intervenant assume la brutalité qu’impliquerait une sortie de l’euro. Refusant de romantiser le Frexit, il dresse un tableau lucide des dommages collatéraux immédiats : inflation importée, faillites d’entreprises, fuite des capitaux et risques de faillites bancaires systémiques. Ce n’est qu’au prix de cette purge économique, comparable à une économie de guerre et de reconstruction post-1945, que la nation pourra espérer renaître.
« Il ne faut pas romantiser la sortie de l’euro : ce sera d’une brutalité extrême. Nous ferons face à de l’inflation importée, à des faillites en chaîne… »
« Si, et seulement si, cette opération est maîtrisée avec une compétence rare, et que la nation entière fait corps, alors nous pourrons triompher… »
Pertinence et critique : Ce thème confère une crédibilité rare au discours souverainiste, souvent accusé de pensée magique. L’honnêteté du propos est sa plus grande force. Le risque inhérent à cette stratégie de la vérité est bien sûr d’effrayer l’électeur médian, qui pourrait préférer le déclin lent au sein de l’UE plutôt que la tempête d’une sécession.
5. L’Euro comme machine de « dévaluation interne » (Camille Adam)
Le diagnostic économique posé sur la monnaie unique est sans appel. En confisquant l’arme de la dévaluation monétaire (qui permettait autrefois d’ajuster la compétitivité d’un pays par rapport à ses voisins), l’euro a transféré tout le fardeau de l’ajustement macroéconomique sur les travailleurs. La seule variable d’ajustement restante pour rester compétitif face au mercantilisme allemand est la baisse des salaires, la casse des services publics et la flexibilisation du droit du travail.
« Puisque l’on ne peut plus dévaluer la monnaie, on dévalue le coût du travail, on gèle les salaires, on flexibilise les licenciements, et on détruit l’État-providence. »« L’intégration monétaire s’est ainsi transformée en une formidable machine de guerre contre les classes populaires. »
Pertinence et critique : L’explication est d’une clarté pédagogique exceptionnelle et permet à l’audience de relier des concepts macroéconomiques abstraits à leur réalité salariale quotidienne. C’est l’argument le plus puissant pour rallier les classes populaires au rejet de l’institution monétaire.
6. L’imminence du « moment grec » et la faillite française (Camille Adam)
Plutôt que d’attendre un référendum salvateur, Camille Adam prédit que l’histoire s’accélérera sous la pression des marchés financiers. Face à l’insoutenabilité de sa dette, la France se dirige vers une cessation de paiement. À cet instant critique (le « moment grec »), le pays sera placé devant un ultimatum : se soumettre à la troïka pour vendre ses derniers actifs à la découpe afin de rester dans l’euro, ou faire défaut, reprendre sa monnaie et subir le cataclysme de la sécession.
« Ce que je prédis qu’à court terme, un choc d’une autre nature nous frappera : la cessation de paiement de l’État français. L’histoire se jouera alors dans la rue… »
« Si la France en venait à la cessation de paiement sans quitter l’euro, c’est très exactement ce dépeçage méthodique, par des vautours financiers, qui l’attendrait. »
Pertinence et critique : L’hypothèse est glaçante mais s’appuie sur des réalités comptables tangibles. Ce scénario a l’avantage de sortir le débat du pur champ électoral pour le replacer sur le terrain de la Realpolitik financière. On peut cependant débattre du calendrier : les marchés ont souvent prouvé leur capacité à maintenir des États zombifiés sous perfusion (via l’action de la BCE) bien plus longtemps que la théorie ne le prédit.
7. Le coup d’État juridique de la Cour de Justice (Camille Adam / Frédéric)
Le droit est ici présenté non pas comme un bouclier, mais comme une arme d’asservissement. L’intervention souligne comment la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a instauré, sans aucun mandat démocratique, la primauté du droit communautaire sur les Constitutions nationales. Cette jurisprudence a systématiquement favorisé les libertés économiques (circulation des capitaux, libre installation) au détriment des droits sociaux fondamentaux, érigeant la maximisation du profit en norme juridique suprême.
« Sans qu’aucun référendum ne l’ait jamais formellement autorisé… les juges de Luxembourg ont imposé la primauté absolue et l’effet direct du droit communautaire sur les constitutions nationales. »
« Le droit commercial qui piétine le droit social avec la bénédiction des plus hauts magistrats du continent, voilà le vrai visage de la fameuse Europe qui protège. »
Pertinence et critique : Excellente vulgarisation de la tyrannie normative. Cela permet de comprendre que le pouvoir européen ne s’exerce pas par la force armée, mais par la force de la jurisprudence. La critique est solide, bien qu’elle exige de l’auditeur un effort pour comprendre la hiérarchie des normes.
8. L’imposture de « l’Europe sociale » (Frédéric / Camille Adam)
L’idée qu’il existerait ou pourrait exister une « Europe sociale » est dénoncée comme un mensonge électoral entretenu depuis quarante ans. L’architecture même des traités interdit l’harmonisation par le haut des modèles sociaux, structurellement incompatibles entre un pays scandinave et un pays d’Europe de l’Est. L’élargissement massif de 2004 est décrit comme une ingénierie de dumping social, organisant la mise en concurrence directe de travailleurs aux standards salariaux radicalement éloignés.
« On organise le dumping social à vos propres frontières en élargissant l’Union à des nations où les salaires sont dix fois inférieurs aux nôtres. »
« L’Europe sociale, promise depuis des décennies par la social-démocratie pour faire avaler la pilule de la dérégulation, se révèle être une chimère… un simple os à ronger. »
Pertinence et critique : Ce thème détruit l’ultime argument de la gauche pro-européenne. Il est intellectuellement inattaquable au vu du bilan des trente dernières années. Il souligne l’hypocrisie d’un système qui prétend unir les peuples tout en organisant scientifiquement leur concurrence déloyale.
9. La menace d’annulation des élections nationales par l’UE (Philippe Comte / Camille Adam)
C’est le scénario le plus dystopique de l’échange. En s’appuyant sur l’hystérie actuelle autour des ingérences étrangères et de la désinformation, il est postulé que les instances européennes et l’État profond pourraient utiliser l’arsenal juridique existant (comme la loi sur la sincérité du scrutin) pour invalider l’élection d’un candidat souverainiste en France, sous prétexte de manipulation numérique (deepfakes).
« L’outil légal de l’annulation d’un scrutin sur le motif d’altération par des « fake news » est déjà à leur disposition, selon les juristes que j’ai consultés. »
« Mais s’ils s’aventurent à voler l’élection de 2027 comme ils ont effacé le référendum de 2005, la riposte populaire sera d’une fureur insurrectionnelle incontrôlable. »
Pertinence et critique : Ce thème touche à l’essence même de l’angoisse démocratique contemporaine. S’il s’agit d’une hypothèse de travail redoutablement stimulante, elle frôle la paranoïa politique. Affirmer qu’une élection présidentielle française pourrait être annulée sur décret technocratique demande des preuves solides pour ne pas basculer dans le pur fantasme complotiste, bien que le précédent roumain serve d’alerte.
10. La minorité structurelle de la France au Conseil européen (Camille Adam)
Ce thème démystifie l’idée selon laquelle la France pourrait imposer ses vues si elle faisait preuve de volonté (le fameux « taper du poing sur la table »). Les élargissements successifs ont dilué le poids de la France, la reléguant à 3 % des suffrages au Conseil. Entourée de nations (Scandinavie, pays de l’Est, Allemagne) dont l’économie repose sur le libre-échange absolu, la France, avec sa tradition protectionniste, est mathématiquement et définitivement mise en minorité sur les questions commerciales.
« À vingt-sept membres, la voix de la France ne pèse que 3 % des suffrages au Conseil de l’Union européenne. »
« Nous sommes structurellement et définitivement minoritaires. […] Pourquoi on serait légitime à dire non face à 26 autres pays ? On ne l’est pas. »
Pertinence et critique : L’argument mathématique est imparable et vient clore le débat sur la capacité d’obstruction de la France. Il démontre la naïveté des postures martiales de certains politiciens français face aux traités commerciaux, en rappelant la dure loi de la démographie institutionnelle européenne.
11. Le « Bruxit » et les limites de la désobéissance sectorielle (Pierre Alain / Camille Adam)
Face à la proposition de Pierre Alain de désobéir ponctuellement à l’Europe (bloquer les ports, refuser des normes) pour défendre nos intérêts sans pour autant quitter l’Union, Camille Adam expose les limites de cette stratégie du « Bruxit ». Mener une guérilla diplomatique épuiserait nos hauts fonctionnaires et entraînerait des mesures de rétorsion désastreuses sur tous nos autres dossiers. Cette obstruction n’a de sens que si elle vise sciemment à forcer l’Europe à nous sanctionner publiquement, afin de justifier le Frexit aux yeux de l’opinion.
« Bloquer nos ports pour empêcher l’entrée des marchandises nous précipiterait dans une guérilla diplomatique exténuante face à de féroces mesures de rétorsion. »
« Si l’on recourt au blocage institutionnel — le « Bruxit » —, cela ne doit avoir d’autre but que de forcer une crise diplomatique majeure pour dévoiler la nature punitive de l’Union… »
Pertinence et critique : Ce débat stratégique est d’un très haut niveau. Il différencie la désobéissance comme posture stérile de la désobéissance comme outil d’accélération historique. Cela montre la vacuité de vouloir le beurre (les avantages du marché) et l’argent du beurre (la souveraineté) dans un système régi par le droit contraignant.
12. La trahison ou l’aveuglement des élites : Mafia ou Incompétence ? (Cali / Camille Adam)
Cali soulève une question vertigineuse : l’Union européenne opérant comme un cartel mafieux, nos élites nationales qui refusent d’en sortir sont-elles de cyniques complices protégeant leurs « parts de marché » électorales, ou de simples idiots utiles ? Camille Adam penche pour une incompétence tragique, soulignant l’incapacité viscérale de la classe politique (de LFI au RN) à comprendre la coercition du système monétaire, conduisant à une soumission par anticipation.
« Où se situe la frontière exacte entre la compromission cynique et l’incapacité intellectuelle de nos élites ? À force de les observer, je penche vers l’hypothèse d’une mécompréhension tragique. »
« L’ignorance crasse des rapports de force macroéconomiques me semble être le principal coupable de leur inaction. »
Pertinence et critique : Ce thème est dévastateur pour la classe politique dans son ensemble. Il met en lumière le vide intellectuel des appareils partisans sur les questions économiques fondamentales. Toutefois, privilégier l’incompétence au cynisme peut sembler indulgent pour des dirigeants dont la carrière repose précisément sur la maîtrise des rapports de force.
13. Le mythe d’une sortie concertée et ordonnée (Brigitte Auloy / Camille Adam)
Certains souverainistes modérés (comme N. Dupont-Aignan) rêvent d’une sortie négociée autour d’une table, avec une transition douce et amicale. L’invité balaie cette fable : la fin de l’euro ne sera pas un dîner de gala, ce sera un sauve-qui-peut généralisé. Ce n’est qu’une fois le système effondré, dans le chaos et par nécessité absolue de survie, que les nations redevenues souveraines coopéreront pour stabiliser la liquidation des dettes.
« Je ne crois pas à la fable d’une sécession paisible, ratifiée autour d’une table diplomatique. L’effondrement sera chaotique… »
« Au cœur de cet orage, la nécessité fera loi : les nations libérées de l’euro retrouveront le chemin d’une coopération pragmatique et bilatérale… »
Pertinence et critique : Ce rejet du centrisme souverainiste est audacieux. Il prépare psychologiquement l’audience à affronter une rupture dure. C’est une vision très « schmittienne » (Carl Schmitt) du politique, où le rapport de force brutal précède toujours le nouvel ordre juridique.
14. La vassalisation géopolitique et l’OTAN (Marco / Camille Adam)
Au-delà de l’économie, l’Europe est dénoncée comme un outil de soumission géopolitique à Washington. L’idée même d’une « autonomie stratégique » européenne est un oxymore, puisque les traités subordonnent explicitement la défense de l’Union aux obligations de l’OTAN. L’Europe n’est pas un empire en devenir qui s’affirmerait face à la Chine et aux USA, c’est un marché captif, ouvert à tous les vents, qui organise constitutionnellement sa propre faiblesse diplomatique et militaire.
« L’Europe n’est pas un empire en devenir ; elle a gravé dans sa propre constitution sa vassalisation stratégique au commandement américain. »
« Les États-Unis et leurs multinationales n’ont aucun intérêt à voir disparaître ce vaste marché dérégulé et captif qu’est l’Europe. Tuer leur meilleur vassal serait une hérésie stratégique. »
Pertinence et critique : L’argument détruit le mythe de « l’Europe Puissance » vanté par Emmanuel Macron. Il recadre lucidement l’Union dans son rôle de protectorat américain. Néanmoins, il faut prendre garde à ne pas dédouaner l’UE de ses propres fautes en imputant toutes nos misères géopolitiques à la seule ingérence américaine.
15. L’élargissement à l’Ukraine : le poison mortel (Emmanuel / Camille Adam)
L’intégration programmée de l’Ukraine dans l’UE est identifiée comme un cataclysme absolu, particulièrement pour la France. Au-delà des considérations géopolitiques, l’accueil d’un géant agricole aux coûts de main-d’œuvre misérables va siphonner les fonds de la Politique Agricole Commune (PAC) au détriment de nos paysans et créer une concurrence fatale. Cela pourrait constituer le choc asymétrique de trop, capable de fissurer définitivement l’édifice européen.
« Intégrer l’Ukraine, avec son agriculture géante et ses coûts de main-d’œuvre misérables, signerait l’arrêt de mort de nos paysans et multiplierait les crises structurelles. »
« Ce pourrait en effet être la goutte d’eau fatale qui précipitera l’éclatement de l’Union de l’intérieur. »
Pertinence et critique : Une analyse extrêmement percutante et d’une actualité brûlante, qui fait le lien direct entre la grande diplomatie européenne et la survie physique des agriculteurs français. L’argument a un immense potentiel de mobilisation populaire.
16. La gestion de la dette et la vérité sur nos créanciers (Myriam / Camille Adam)
Le débat technique sur la dette souveraine clarifie un point majeur : la France n’est pas endettée envers « Bruxelles » ou l’UE, mais envers les marchés financiers (dont 50% sont des épargnants et institutions françaises). En cas de rupture, il faudra probablement annuler une partie de cette dette. L’intervenant souligne que l’effacement pur et simple d’une telle somme (3500 milliards) n’est pas un acte magique : il s’agit d’une spoliation concrète, qui détruira des épargnes et nécessitera un audit rigoureux pour cibler qui assumera les pertes.
« La France ne doit pas d’argent à l’Union européenne : la dette est détenue à 50 % par nos propres banques et assurances-vie… »
« Faire défaut sur cette dette obligera l’État à recourir à des emprunts forcés sur les hauts patrimoines ou à des accords bilatéraux pour continuer à rémunérer ses fonctionnaires. »
Pertinence et critique : Ce thème injecte une dose salutaire de réalisme économique face à ceux qui pensent que la dette est une simple abstraction numérique qu’il suffirait d’effacer d’un trait de plume. L’évocation des « emprunts forcés » brise un tabou et montre le sérieux de la réflexion de l’auteur.
17. Le rôle ambigu de l’État profond et de l’administration (Nita / Camille Adam)
La question se pose de savoir si l’on peut recouvrer notre souveraineté sans purger au préalable l’appareil d’État (le Secrétariat Général des Affaires Européennes, la diplomatie, l’audiovisuel public) qui a été méthodiquement formaté par 40 ans de logiciel européiste. Si les éléments les plus déloyaux devront être écartés, Camille Adam fait le pari du pragmatisme des hauts fonctionnaires : sous un commandement politique ferme, cet outil administratif redoutable se remettra naturellement au service de l’État-Nation.
« Cette nébuleuse, composée du Secrétariat Général des Affaires Européennes et de certaines représentations diplomatiques, agit effectivement comme la courroie de transmission des diktats bruxellois. »
« L’expérience prouve que la haute fonction publique est souvent d’un grand pragmatisme, pour ne pas dire opportunisme. Sous l’impulsion d’un pouvoir politique résolu, la majorité de ces agents s’alignerait avec vélocité… »
Pertinence et critique : Une réflexion fine sur les rouages de l’État. C’est une vision très classique (et un peu optimiste) de l’administration comme outil neutre au service du souverain. Cela occulte peut-être la puissance de l’idéologie intériorisée par cette même caste dirigeante.
18. Les atouts de la France pour la reconstruction (Marco / Brigitte / Camille Adam)
Après avoir décrit l’effondrement à venir, l’entretien ménage un indispensable horizon d’espoir. La France, bien que meurtrie, dispose d’atouts intrinsèques exceptionnels pour rebâtir sa puissance post-UE : des écoles d’ingénieurs performantes, une capacité agricole autonome, une infrastructure énergétique (nucléaire), et un système bancaire hyper-puissant. Combinés à un franc dévalué et extrêmement compétitif, ces piliers permettront de réindustrialiser le pays en l’espace d’une génération.
« La France possède des atouts historiques exceptionnels pour redécoller : un formidable gisement d’ingénieurs, une puissance agricole capable d’assurer notre autonomie… »
« L’horizon souverain est infiniment plus désirable que l’effacement définitif qui nous est actuellement promis. »
Pertinence et critique : C’est le versant lumineux (l’uplifting) du discours de vérité. Il est vital de rappeler ces forces pour ne pas figer l’audience dans le désespoir. L’inclusion du système bancaire comme « atout » souverain (alors qu’il a été décrit comme toxique précédemment) est un paradoxe intellectuel qui illustre bien la complexité de l’économie moderne.
19. Nouvelles alliances : Le rôle des BRICS et du monde post-occidental (Emra 123 / Camille Adam)
Une fois libérée du carcan juridique et diplomatique européen, la France recouvrera sa liberté de mouvement géopolitique. Sans nécessairement intégrer les BRICS, elle pourra utiliser ces nouvelles puissances émergentes pour contourner les représailles atlantistes. Que ce soit pour obtenir des prêts bilatéraux ou s’adosser à des systèmes de paiement alternatifs (comme le CIPS chinois face au SWIFT occidental), la multipolarité du monde est perçue comme une opportunité vitale pour la survie d’un État sécessionniste.
« Notre souveraineté retrouvée nous permettra de négocier librement avec la planète entière, y compris pour sécuriser des financements… »
« …ou des systèmes interbancaires alternatifs à SWIFT, guidés par nos seuls intérêts vitaux. »
Pertinence et critique : Un thème très contemporain qui s’inscrit dans le mouvement de dé-dollarisation du monde. C’est stratégiquement malin, même s’il faut veiller à ne pas présenter le partenariat avec la Chine ou les BRICS comme une simple formalité dénuée de risques de vassalisation alternative.
20. L’Intelligence Collective comme arme de reconquête (Frédéric / Camille Adam)
C’est la conclusion philosophique et méthodologique de la rencontre. L’appel n’est pas à la simple indignation, mais au travail intellectuel structuré. Face à une technocratie qui utilise la complexité (les traités, le droit) pour intimider et éloigner le citoyen du pouvoir, l’antidote est la lecture collective et l’analyse des rapports pondus par les lobbys (ERT, Business Europe). L’utilisation de l’intelligence artificielle pour décrypter ces montagnes de données est présentée comme un levier pour rendre au peuple sa capacité d’anticipation et d’action.
« Concentrez vos efforts sur le présent. Allez lire les publications actuelles des lobbys industriels et de l’ERT ; elles contiennent, noir sur blanc, les chaînes de demain. »
« C’est en décryptant ces textes par l’intelligence collective que nous acquerrons une longueur d’avance inattaquable. »
Pertinence et critique : C’est l’essence même du mouvement PIC (Pari de l’Intelligence Collective). Cela transforme un constat accablant en une dynamique d’éducation populaire et d’action citoyenne. L’injonction à utiliser l’IA comme arme anti-technocratique est une approche moderne et novatrice du militantisme politique.
Par la Rédaction du Politoscope
- L’Europe au scalpel : Autopsie d’une dépossession et manuel de survie démocratique
Nous vivons une époque de vertige cognitif. D’un côté, le discours médiatique dominant, lénifiant et perpétuel, nous dépeint une Union européenne protectrice, ultime rempart contre les tumultes d’une mondialisation sauvage. De l’autre, la réalité charnelle, brutale et quotidienne, vécue par des millions de citoyens, raconte une tout autre histoire : celle d’une désindustrialisation méthodique, d’une atrophie de nos services publics, d’une explosion du coût de l’énergie et, plus grave encore, d’une impuissance politique devenue structurelle. Face à cette dissonance, la résignation guette. Pourtant, une récente rencontre orchestrée par le mouvement du Pari de l’Intelligence Collective (PIC) avec le chercheur et documentariste Camille Adam vient de jeter un pavé magistral dans la mare du conformisme ambiant. Cet entretien, d’une densité intellectuelle rare, ne se contente pas de fustiger l’Europe ; il en démonte les rouages intimes avec la précision d’un horloger.
À l’aune de cet échange exceptionnel — dont nous ne saurions trop vous recommander l’écoute intégrale —, il convient de prolonger la réflexion. Il s’agit ici de dialectiser le propos, d’affronter les objections libérales et de dessiner, par-delà le constat tragique de notre dépossession, les voies d’une reconquête souveraine. Comment la machine européenne a-t-elle confisqué notre démocratie ? Pourquoi l’illusion d’une réforme de l’intérieur est-elle une impasse mortelle ? Et, surtout, quel est le véritable prix de la liberté retrouvée ?
I. Le péché originel : Corporatisme et ingénierie de l’irréversible
Pour comprendre l’impasse contemporaine, il faut d’abord purger notre imaginaire de la mythologie sirupeuse des « Pères fondateurs » bâtissant une Europe de la paix au sortir de la guerre. L’entretien nous rappelle avec une froideur salutaire que l’architecture de l’Union européenne moderne, celle du grand marché dérégulé, trouve sa véritable genèse en 1986, avec l’Acte unique. Et cette refonte ne fut pas dictée par de nobles idéaux philosophiques, mais par la Table Ronde des Industriels (ERT). Ce cénacle, réunissant les plus puissants capitaines d’industrie du continent, a littéralement co-rédigé la feuille de route de la Commission Delors. L’objectif était clair : substituer aux démocraties nationales délibératives un vaste marché unique où les barrières normatives — c’est-à-dire nos protections sociales et environnementales — seraient méthodiquement abattues pour optimiser les chaînes de valeur du grand capital.
Cette mutation s’est opérée par ce que Jacques Delors lui-même nommait la « méthode de l’engrenage ». Il s’agit d’une mécanique institutionnelle redoutable qui consiste à confisquer la souveraineté par tranches techniques, sans jamais solliciter le consentement populaire. En transférant le contrôle des mouvements de capitaux, on a volontairement déchaîné la spéculation financière. Face à cette crise créée de toutes pièces, la technocratie a pu imposer la monnaie unique comme l’unique bouclier possible. La dépossession engendre la crise, qui justifie à son tour une dépossession supplémentaire.
C’est ici que la pensée du philosophe Cornelius Castoriadis prend tout son sens. La construction européenne est le triomphe absolu de l’hétéronomie : une société qui a oublié qu’elle pouvait créer ses propres lois et qui se soumet à des directives extérieures, perçues comme des fatalités techniques. De même, le juriste Alain Supiot, dans La Gouvernance par les nombres, démontre comment l’Europe a remplacé le gouvernement des hommes, fondé sur l’idéal de justice, par une administration des choses, régie par des benchmarks, des critères de convergence et la religion comptable des 3 % de déficit. Nous sommes entrés de plain-pied dans ce que Tocqueville redoutait le plus : un despotisme doux, tutélaire et administratif, qui ne brise pas les volontés par la force, mais les amollit et les plie sous le poids d’une norme illisible.
II. Le mirage de la réforme et le mythe de l’Europe sociale
Face à ce constat, une grande partie de la classe politique française (du Rassemblement National à La France Insoumise) tente de rassurer son électorat par une promesse sédative : « Nous ne sortirons pas de l’Europe, nous allons la réformer de l’intérieur. » L’échange avec Camille Adam pulvérise cette posture avec une rigueur arithmétique implacable. La France, au sein du Conseil européen, ne pèse que 3 % des voix. À l’issue d’élargissements successifs (notamment en 2004) qui ont intégré des nations d’Europe de l’Est et du Nord viscéralement attachées au libre-échange absolu et biberonnées aux fonds européens, la matrice protectionniste française a été noyée. Nous sommes structurellement minoritaires.
L’humiliation vécue par Emmanuel Macron en est la démonstration clinique. Président le plus europhile de la Ve République, prêt à saccager notre propre Code du travail pour plaire à Berlin, il a plaidé pour un véritable budget mutualisé de la zone euro. En retour, il s’est heurté à un mur, broyé par une coalition de dix-sept États (la « Nouvelle Ligue hanséatique ») refusant catégoriquement de payer pour le Sud. Si le meilleur élève de l’orthodoxie bruxelloise échoue à réformer la marge du système, comment un candidat frondeur pourrait-il imposer un renversement de la table ?
L’Europe sociale est, dans le même registre, la plus grande escroquerie sémantique des quarante dernières années. C’est un « os à ronger » jeté aux classes populaires pour faire avaler l’amère pilule de la déréglementation. Les traités européens sanctuarisent constitutionnellement la concurrence libre et non faussée. La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), par un véritable coup d’État juridique silencieux, a érigé les libertés économiques (libre circulation des capitaux, des services) en droits divins. Les fameux arrêts Viking et Laval de 2007 ont prouvé que, pour les juges de Luxembourg, le droit d’une entreprise à importer de la main-d’œuvre à bas coût primait formellement sur le droit de grève des syndicats locaux. L’Union européenne n’harmonise pas par le haut ; elle organise scientifiquement, légalement et froidement le dumping intra-européen.
III. L’Euro : Arme de dévaluation interne et horizon de faillite
Mais le cœur du réacteur de notre déclassement réside dans la monnaie unique. Sur ce point, l’interview rejoint les analyses implacables d’économistes hétérodoxes comme Frédéric Lordon ou même du Prix Nobel Joseph Stiglitz. L’euro est une aberration macroéconomique, une camisole de force qui a enfermé des capitalismes radicalement divergents sous un même taux de change, forgé sur le modèle du Deutsche Mark.
En privant les nations du Sud de l’Europe de l’arme de la dévaluation monétaire — qui permettait autrefois d’ajuster leur compétitivité —, l’euro a transféré la totalité du fardeau de l’ajustement sur les travailleurs. C’est la mécanique féroce de la « dévaluation interne ». Puisqu’on ne peut plus baisser la valeur de la monnaie pour exporter, on dévalue le coût du travail, on gèle les salaires, on asphyxie l’hôpital public, on ampute les retraites. Le travailleur devient l’unique variable d’ajustement d’un système ordo-libéral pensé pour garantir la rente des créanciers.
Cependant, et c’est l’une des fulgurances les plus troublantes de cet échange, la sortie de ce système pourrait ne pas être le fruit d’un choix politique délibéré, mais d’une obligation comptable. La France s’approche à grands pas de son « moment grec ». Sous le poids d’une dette publique colossale (détenue pour moitié par des créanciers étrangers et pour l’autre par nos propres institutions), une cessation de paiement sur les marchés financiers est une perspective hautement crédible. Face au mur de la dette, l’Union européenne nous présentera la même facture qu’à Athènes : la liquidation totale de nos actifs stratégiques (barrages, aéroports, industries) en échange de la perfusion de la Banque Centrale Européenne. Ce jour-là, l’alternative sera binaire : la soumission intégrale sous curatelle (la « Somalisation » de notre économie), ou le défaut de paiement assumé et le retour à une monnaie nationale.
IV. La dialectique des défenseurs : L’Europe nous protège-t-elle du chaos ?
Un esprit journalistique exigeant se doit d’opposer à cette autopsie les arguments des partisans de l’intégration. Que nous disent les fédéralistes ? Ils brandissent « l’effet Bruxelles » (Anu Bradford) : l’Europe, par l’immensité de son marché intérieur, serait une superpuissance normative capable d’imposer ses standards écologiques, numériques (comme le RGPD) et sanitaires au reste du monde. Ils soulignent également que quitter l’Union, c’est s’exposer nu aux appétits prédateurs des empires américain et chinois, dans un monde où la taille critique est une condition absolue de survie.
Ces objections, bien que séduisantes sur le papier, se fracassent sur la réalité matérielle. Le pouvoir normatif est une illusion s’il n’est pas adossé à un pouvoir productif et militaire. L’Europe réglemente les intelligences artificielles américaines et les voitures électriques chinoises, mais elle ne les produit plus. Être le continent qui édicte les règles d’un jeu auquel on ne participe plus industriellement n’est pas une preuve de puissance, c’est le syndrome de l’empire byzantin décadent. Pire, par naïveté dogmatique, l’Europe s’est transformée en l’idiote du village global, ouvrant unilatéralement ses marchés quand Washington et Pékin subventionnent massivement leurs usines à coups de protectionnisme décomplexé. Quant à l’argument de la puissance géopolitique, l’article 42.2 du traité sur l’Union européenne se charge de le ridiculiser en subordonnant explicitement notre politique de défense à l’OTAN. La vassalisation stratégique est inscrite dans le marbre de notre propre constitution continentale.
V. Le discours de vérité : La sécession ne sera pas un dîner de gala
C’est ici que l’entretien atteint un sommet de subversion au sein même de la pensée souverainiste. Là où beaucoup promettent un Frexit romantique, un grand soir institutionnel suivi de lendemains qui chantent, l’invité a le courage d’assumer un discours d’une brutalité inouïe : la sortie sera sanglante. Quitter l’euro implique des risques d’inflation importée massive, des faillites en chaîne, une fuite effrénée de capitaux et l’éventualité d’un cataclysme bancaire systémique.
Débrancher la tuyauterie financière d’un pays (changer les distributeurs, les logiciels, les terminaux de paiement, contrer les cyberattaques) est un défi logistique sans précédent historique. Refuser de le dire, c’est infantiliser l’électeur et préparer un retour de bâton dévastateur, à l’image des désillusions qui ont suivi le Brexit. Rompre avec l’Union européenne s’apparentera à une économie de guerre et à une reconstruction post-1945. Il y aura du sang, des larmes, et une baisse temporaire mais violente du niveau de vie.
Cependant, et c’est le nœud de la démonstration, ce coût exorbitant du Frexit restera toujours inférieur au coût de notre maintien dans l’Union. Rester, c’est accepter la certitude mathématique de notre effacement pur et simple de l’Histoire. Sortir, c’est payer le prix lourd, mais temporaire, de la résurrection.
VI. Le Lawfare et la menace sur la démocratie électorale
Un autre aspect terrifiant abordé lors de cette rencontre concerne le risque pesant sur l’essence même de nos élections. Face à la montée inexorable de la colère populaire, la technocratie européenne n’est pas restée passive. Elle affine ses armes juridiques. L’entretien soulève l’hypothèse — juridiquement étayée et historiquement plausible au regard du traitement subi par la Roumanie ou la Hongrie — d’une annulation préventive d’une élection nationale par l’État profond et les instances européennes.
Sous prétexte de lutte contre les « ingérences étrangères », les « fake news » ou grâce au récent règlement européen sur les services numériques (DSA), il devient concevable qu’un scrutin portant au pouvoir un candidat de la rupture soit invalidé au motif que la « sincérité du vote » aurait été altérée par des algorithmes ou une désinformation prétendument pilotée de l’étranger. Les éléments de langage sont déjà en préparation dans les commissions parlementaires. Ce coup d’État juridique, justifié au nom de la sauvegarde de l’État de droit, constituerait l’ultime verrou d’une oligarchie terrifiée à l’idée de perdre le contrôle. Cela exige des mouvements citoyens une préparation juridique sans faille (un lawfare défensif) pour protéger notre intégrité électorale.
VII. Les atouts de la résurrection et l’arsenal de la reconquête
Face à ce tableau d’une noirceur absolue, quelles sont nos armes ? Faut-il s’abandonner au cynisme de ceux qui considèrent la partie définitivement perdue ? Certainement pas. Le pays, bien que mutilé, repose encore sur des fondamentaux qui feraient pâlir d’envie bon nombre de puissances mondiales.
D’abord, nos infrastructures tangibles : notre agriculture (capable de garantir notre souveraineté alimentaire), notre filière nucléaire (atout stratégique majeur dans un monde en crise énergétique), nos ingénieurs et notre industrie de défense. Ensuite, la force de notre épargne nationale. Avec plus de 6 500 milliards d’euros d’épargne, la France possède le trésor de guerre nécessaire pour financer sa propre réindustrialisation. En situation de crise de la dette souveraine, l’État devra faire preuve d’une audace jacobine, n’excluant pas des emprunts forcés rémunérés, pour flécher cette épargne massive vers l’économie productive et le maintien des fonctions régaliennes.
Paradoxalement, notre système bancaire, pourtant décrit comme une bombe à retardement, est aussi notre meilleure arme de dissuasion. Parce que nos banques sont « too big to fail » (trop grandes pour faire faillite), une sortie de la France de la zone euro ferait exploser l’édifice financier mondial. La menace de ce « Tchernobyl financier » nous confère un pouvoir de négociation colossal face à la Banque Centrale Européenne et à nos créanciers, à condition d’avoir le courage de s’en servir.
Sur le plan stratégique, la géopolitique contemporaine nous ouvre des fenêtres d’opportunité inédites. La dé-dollarisation du monde et la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) signifient que la France, une fois sortie du carcan de l’OTAN et de l’UE, ne se retrouverait pas isolée. Elle pourrait tisser de nouveaux accords bilatéraux, trouver de nouvelles sources de financement, et s’adosser à des systèmes de compensation interbancaires alternatifs au SWIFT occidental (comme le CIPS chinois) pour amortir le choc des probables sanctions atlantistes.
VIII. De l’indignation à l’action : Le rôle de l’Intelligence Collective
Comprendre la profondeur du piège est la condition préalable à toute émancipation. L’erreur historique des mouvements souverainistes a été de croire que la colère populaire suffirait à faire plier une machine aussi sophistiquée. L’Union européenne gouverne par la complexité ; elle prospère sur l’incapacité du citoyen à décrypter ses acronymes, ses directives techniques et ses centaines de milliers de pages de jurisprudence.
C’est ici que l’appel de Camille Adam, soutenu par la philosophie d’action du Pari de l’Intelligence Collective (PIC), prend une dimension vitale. La résistance ne s’improvise pas, elle s’organise. Quelles pistes d’action immédiates pouvons-nous tirer de ce foisonnement intellectuel ?
- Le « Shadow Cabinet » de la logistique de sécession : Il est urgent de constituer, en dehors de l’État profond européiste, des groupes de travail composés d’informaticiens, d’économistes, de juristes et de fonctionnaires patriotes. Leur mission ? Rédiger le « Manuel de Survie du Frexit ». Comment réimprimer des francs en secret ? Comment sécuriser les serveurs bancaires en 48 heures ? Comment instaurer un contrôle des changes numérique efficace ? La peur de la sortie s’évanouira lorsque la logistique de la rupture sera crédible et publique.
- L’Observatoire préventif des Lobbys : Plutôt que de réagir avec un temps de retard aux directives européennes, les citoyens doivent prendre une longueur d’avance. Les feuilles de route de la Commission européenne sont écrites, souvent des années à l’avance, dans les publications de l’ERT ou de Business Europe. Il faut utiliser la force du collectif, assistée par l’intelligence artificielle (pour ingérer, traduire et synthétiser ces immenses corpus de données), pour démasquer et vulgariser les prochaines attaques contre notre modèle social, bien avant qu’elles n’arrivent au Parlement.
- La tactique de la désobéissance assumée (Le Bruxit offensif) : L’obstruction institutionnelle ne doit pas être une fin en soi, mais un outil d’accélération. En multipliant les blocages unilatéraux sur des sujets vitaux (comme l’énergie ou les frontières), l’objectif est de forcer l’Union européenne à sortir de son ambiguïté et à utiliser ses armes coercitives (comme le gel de nos fonds). C’est par la révélation publique et douloureuse de cette nature punitive que le consentement du peuple français à la sécession pourra être définitivement forgé.
Conclusion : L’heure du courage intellectuel
L’Union européenne, sous ses atours de fatalité moderniste, n’est qu’une construction humaine. Ce que la politique a fait, la politique peut le défaire. Mais la condition sine qua non de ce renversement réside dans notre capacité à regarder le monstre dans les yeux, sans détourner le regard face au prix du sang et des larmes que réclamera notre libération.
Cet article n’offre qu’un aperçu de la richesse vertigineuse de l’échange mené avec Camille Adam. Nous n’avons fait qu’effleurer la surface d’un système conçu pour nous rendre invisibles à notre propre destin. Nous vous exhortons à visionner et à écouter la version intégrale de cette interview choc. Écoutez-la avec un carnet de notes. Partagez-la avec ceux qui doutent. La lucidité est une arme qui se forge collectivement. L’heure n’est plus à la déploration romantique, mais à l’organisation méticuleuse de notre insoumission. Le Pari de l’Intelligence Collective est lancé ; serez-vous à la hauteur du défi ?
(Transcription assistée par IA)
Frédéric : Bonsoir à tous. Nous sommes en l’an de grâce — oui, j’en avais pris note — du 26 février, et il est vingt-et-une heures trente. Nous voici toujours placés sous le joug de la macronie, de l’européisme, du mondialisme… De tous ces néologismes en « -isme » qui, en ce qui me concerne, s’apparentent de plus en plus à de véritables pathologies. Après tout, l’européisme est manifestement la maladie de ce que l’on pourrait naïvement considérer comme l’Europe et les Européens, au même titre que le progressisme s’avère être la maladie du progrès. Et j’en passe des meilleurs.
Chers amis, merci aux esprits libres qui nous suivent. Je vous suis profondément reconnaissant de votre patience et de votre capacité d’écoute. Je sais que la plupart d’entre vous sont présents pour recueillir de l’information et la redistribuer auprès de vos familles, ou de ces « endormis » que vous croisez au bistrot du coin ou dans vos clubs de sport. Il est vrai que si vous êtes parmi nous ce soir, c’est que vous êtes déjà passablement éveillés. Nous allons donc tâcher de ne pas trop enfoncer de portes ouvertes. Cependant, ne négligez pas le fait que les armes rhétoriques que nous forgeons au cours de ces émissions — et tout particulièrement ce soir avec Camille Adam — sont celles que vous pourrez, à votre tour, propager et répercuter dans votre propre environnement.
Comme l’exige notre rituel, nous allons asseoir ce direct par une introduction liminaire, le temps que l’audience s’étoffe avant que je ne cède la parole à notre invité. Cette démarche peut paraître cavalière, mais mon dessein est qu’il entame son propos face à une assemblée suffisamment nombreuse. J’en profite pour saluer les premiers arrivés. Vos encouragements, votre fidélité indéfectible et votre bienveillance nous vont droit au cœur ; ils constituent, en quelque sorte, la juste rétribution psychologique de nos efforts nocturnes.
Vous le savez aussi bien que moi : lorsque l’on allume la télévision de nos jours, on éprouve souvent la sensation, atrocement pénible, d’assister au grand bal hypocrite des Tartuffes. C’est une sorte de grand-messe perpétuelle où des analystes de plateau, confortablement engoncés dans le velours de leurs certitudes, nous expliquent avec un aplomb proprement fascinant que la perte de notre souveraineté constitue, en réalité, une formidable victoire pour notre démocratie. Si, si, ils osent le formuler en ces termes. Ils ont d’ailleurs le mérite d’une transparence croissante. C’est d’une logique merveilleuse, de leur point de vue : moins vous avez de prise sur votre propre destin, plus vous êtes libres, seraient-ils même tentés de vous asséner.
À longueur d’antenne, on vous survend ainsi une prétendue « Europe qui protège », une Europe de la fraternité. On vous dépeint un horizon indépassable, mâtiné de pensée magique, censé justifier l’absolue totalité des sacrifices — et tout particulièrement les vôtres. Cela inclut le démantèlement minutieux de notre industrie, la liquidation en règle de nos services publics et, accessoirement, l’abandon pur et simple de notre dignité politique. Ces experts en prêt-à-penser, comme je me plais à les nommer, ces perroquets de la doxa qui squattent les matinales entre deux coupures publicitaires, nous abreuvent de fadaises avec le sérieux papal de ceux qui n’ont probablement jamais ouvert un seul traité de toute leur existence. Et certainement pas ceux qu’ils ont le culot de commenter en tentant de nous persuader de l’excellence de leur rédaction. Quiconque s’est donné la peine de les lire sait pertinemment qu’il est impossible de cautionner un tel aveuglement.
Naturellement, les analyses de ces chroniqueurs ne font pas le poids. Elles sont le fruit d’une indigence intellectuelle crasse face à la réalité historique. Mais aujourd’hui, sur ce média citoyen, nous allons changer de niveau de réalité, changer de dimension. Nous allons élever le débat vers des hypothèses infiniment plus recevables, rigoureusement sourcées et renseignées. Nous allons quitter la cour de récréation du commentaire politique superficiel pour pénétrer directement dans le bloc opératoire.
À dire vrai, notre invité du jour ne vient ni pour faire de la figuration, ni pour nous servir la guimauve habituelle — ce dont vous vous doutiez probablement. Camille Adam, auteur du magistral documentaire que nous allons abondamment évoquer tout au long de cette émission, a accompli ce que la majorité des journalistes ont lâchement renoncé à faire depuis au bas mot trente ans : ouvrir les archives, scruter les textes de loi et retracer la généalogie exacte de notre dépossession nationale. Son œuvre n’est nullement un pamphlet tel qu’on en trouve à foison dans certaines sphères. Non, il s’agit d’une autopsie clinique, rigoureuse et factuelle de la construction européenne. Et croyez-moi, pour ceux qui ne l’ont pas encore visionnée, ce que nous y découvrons ne s’apparente en rien à la romance sirupeuse servie par les manuels scolaires.
Au travers de ce documentaire, qui nous sert ce soir de levier, nous allons aborder un immense coup d’État silencieux, perpétré dans le dos des peuples. C’est précisément la raison pour laquelle le titre de notre émission évoque une « dépossession démocratique ». Nous allons découvrir comment le fameux Acte unique n’a pas été conçu par de nobles philosophes idéalistes, réunis autour d’un feu de camp. La réalité est tout autre : cet Acte unique a été littéralement dicté par un groupe de pression composé de multinationales — la célèbre Table Ronde des Industriels — dans le but exclusif de façonner un marché intérieur unifié, taillé sur mesure pour servir les intérêts du grand capital et satisfaire une certaine idéologie.
Nous allons également examiner comment la promesse d’une monnaie unique, jadis vendue par François Mitterrand comme l’outil géopolitique parfait pour lier les mains de l’Allemagne réunifiée, s’est tragiquement muée en une camisole de force ordo-libérale. Une camisole qui a méthodiquement asphyxié notre tissu industriel, sacrifiant nos travailleurs sur l’autel de la compétitivité et des inévitables dévaluations internes. Mesurez bien le cynisme de l’opération : on vous confisque votre souveraineté monétaire ; on place vos budgets nationaux sous la tutelle tatillonne de commissaires non élus via des mécanismes tels que le Semestre européen ; on organise le dumping social à vos propres frontières en élargissant l’Union à des nations où les salaires sont dix fois inférieurs aux nôtres. Et pour couronner le tout, on vous exhorte à chanter l’Hymne à la joie, en vous certifiant que tout cela œuvre pour votre bien suprême ! C’est d’une perversité absolue, et c’est très exactement ce mirage que nous allons démonter, pièce par pièce.
L’approche de notre invité pulvérise ces mythes avec la froideur chirurgicale de la vérité. Fini l’ingénierie du consentement visant à nous faire croire qu’il n’existerait qu’une seule politique viable — le célèbre « There is no alternative ». Nous sommes ici pour exercer notre droit inaliénable de parrhésiaste, ce courage de dire la vérité, et pour faire vivre la méthode du PIC, le Pari de l’Intelligence Collective. Comprendre l’engrenage institutionnel de l’Union, saisir la manière dont la Cour de justice européenne a imposé la primauté de son droit sur notre propre Constitution, c’est amorcer la reconquête psychique de notre démocratie.
Cet entretien stimulera votre esprit critique comme rarement auparavant. Prenez des notes. J’ai pris un immense plaisir à préparer cet échange, en revoyant pour la seconde fois le documentaire de trois heures et demie de Camille Adam. Vous allez avoir soif d’apprendre ce soir. Vous allez avoir envie de débattre et, surtout, vous refuserez de vous laisser à nouveau endormir par les éléments de langage des cabinets de lobbying qui grouillent à Bruxelles et qui pantouflent allègrement avec notre propre administration. Installez-vous confortablement, affûtez vos neurones et préparez vos questions pour le tchat. Nous allons faire de la maïeutique intellectuelle et de la dialectique pure. Camille Adam est avec nous. Salut Camille, comment vas-tu ? L’introduction est achevée, nous comptons cent cinquante personnes sur le direct, la parole est à toi.
Camille : Bonsoir à tous. Je vous remercie, Frédéric, pour cette chaleureuse introduction. Écoutez, je me tiens à votre entière disposition pour répondre à l’ensemble de vos questions. Cette introduction, par sa grande précision, n’appelle aucun commentaire rectificatif de ma part : elle reflète fidèlement mon propos et les enjeux dont nous allons débattre.
Frédéric : Parfait. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterais proposer à Alain de se présenter et d’informer notre audience de ses propres intentions pour ce soir, afin que chacun sache que nous serons deux à animer cet échange.
Alain : Bonsoir à toutes et à tous. J’adresse mes remerciements à mon cher Frédéric pour m’accueillir à nouveau en tant que co-animateur, ainsi qu’à notre invité exceptionnel. Camille, vous êtes la référence absolue en matière de documentation critique sur l’Europe. C’est un véritable privilège pour nous de vous recevoir ce soir. Nous allons pouvoir aborder cette œuvre magistrale qui retrace, en toute objectivité, la trajectoire réelle de l’Europe depuis le traité de Rome, et sa longue dégringolade. Cela a été la chronique d’un désastre annoncé, que seuls les européistes de la macronie s’obstinent à ignorer derrière leurs lunettes roses. Fort heureusement, nous comptons également parmi nous des « repentis » de l’Europe, qui ont fini par comprendre que l’institution était devenue indéfendable. Nous allons aborder l’évolution récente, car depuis l’achèvement de votre film il y a deux ans, de nouveaux dégâts ont été perpétrés par cette machinerie. Et lorsque l’on observe l’agenda d’Emmanuel Macron, nous comprenons aisément, cher Camille, qu’il y aura très certainement la nécessité de produire un second volume à votre documentaire.
Camille : À dire vrai, j’espère profondément qu’il n’y aura jamais de second volume. J’espère que cette situation trouvera son terme avant même qu’il ne soit nécessaire de s’atteler à une suite !
Frédéric : C’est une excellente remarque. Malheureusement, je crains fort que tu n’aies le temps de concevoir jusqu’à un troisième volume. Entrons dans le vif du sujet. L’Union européenne nous est perpétuellement présentée comme un idéal de paix, unissant les peuples. Or, ton travail démontre le rôle central de l’European Round Table, l’ERT. Pourrais-tu nous expliquer de quoi il s’agit et nous préciser si l’Europe est, dès l’Acte unique, un projet intrinsèquement corporatiste ?
Camille : C’est une question extrêmement vaste. Ce que l’on peut d’abord affirmer, c’est que tu as fait le choix de dater l’acte de naissance de l’Union européenne contemporaine en 1986, avec la signature de l’Acte unique. Certes, l’on pourrait remonter au traité de Rome de 1957. Néanmoins, situer ce point de bascule en 1986 est d’une grande pertinence, car c’est véritablement là que se forge l’ADN de l’Europe actuelle. L’Acte unique est, en quelque sorte, un « traité de Rome 2.0 ».
Que prévoyait donc ce nouveau traité ? Outre le fait que nous sommes passés de six États membres fondateurs à une douzaine, ce qui change fondamentalement, c’est l’ambition d’un « big bang » du marché, sous l’impulsion de Jacques Delors et du commissaire britannique Lord Cockfield. L’objectif était de transformer le marché commun en un marché unique. Avec le traité de Rome, les barrières douanières avaient été abolies ; les droits de douane étaient tombés à zéro. Puisqu’il n’y avait plus de droits de douane à abattre, la nouvelle frontière consistait à détruire ce que l’on nomme les « barrières réglementaires ». Il ne suffisait plus que le camembert franchisse la frontière sans être taxé ; il fallait gommer les divergences normatives, qu’il s’agisse de la teneur en additifs dans la bière allemande ou des règles de fabrication du fromage français.
L’idée centrale consistait à abaisser un maximum de normes. Et cela constituait une innovation absolue dans l’histoire du droit international. À partir du moment où douze États décident d’harmoniser leurs normes pour n’en forger plus qu’une seule dans chaque secteur — le principe même du marché unique —, un phénomène inévitable s’est produit : cela a attiré l’intégralité des lobbyistes de la planète à Bruxelles. Pensez-y : au lieu de devoir influencer douze parlements nationaux différents pour vendre vos produits, il suffisait désormais de façonner une norme unique, centralisée, selon vos propres intérêts. En déplaçant le pouvoir normatif à Bruxelles, on a inévitablement attiré les cabinets d’influence de Washington, de Tokyo, de Paris et de Berlin.
Et cette conception du marché unique ne jaillit pas spontanément du cerveau de Jacques Delors. Elle est le fruit d’un groupe de pression industriel, l’ERT (European Round Table of Industrialists). Créée en 1984, elle réunissait environ quarante-cinq grands capitaines d’industrie, les figures tutélaires du capitalisme européen. À l’époque, l’Europe traversait une phase de langueur, la croissance pâtissait des chocs pétroliers, tandis que le Japon montait en puissance et que les États-Unis de Ronald Reagan et le Royaume-Uni de Margaret Thatcher dérégulaient frénétiquement. Face à cela, ces industriels se sont assemblés pour relancer une Europe à leur propre service.
L’ADN de l’Union est donc, dès sa genèse moderne, irrémédiablement taillé pour servir les intérêts du grand patronat et du grand capital industriel. Dans sa conception même, cet Acte unique a été élaboré main dans la main entre la Commission européenne et ces magnats de l’industrie. C’est la nature profonde de ce pacte, que certains qualifieraient de pacte avec le diable. J’invite instamment toutes les personnes qui nous écoutent à se rendre sur le site de l’ERT. Ce n’est pas une relique historique : ce lobby est aujourd’hui au sommet de sa puissance et continue de dicter des publications d’une importance capitale pour nos lois.
Frédéric : Je ne voulais pas t’interrompre, mais j’ai deux remarques. La première est sémantique : tout à l’heure, tu cherchais une analogie pour décrire cette arrivée massive de lobbyistes. Je te propose d’utiliser l’image d’une « nuée d’acariens » s’abattant sur Bruxelles. La seconde est technique : il me semble que lorsque tu parles, tu touches ton ordinateur, ce qui génère un bruit parasite.
Camille : C’est exactement l’analogie que je cherchais. Quant au son, je ne touche pourtant à rien, je vais tenter de brancher un casque pour régler ce problème.
Alain : En attendant que la technique soit parfaitement rétablie, je ferai simplement une brève réflexion. Pour reprendre l’excellente formule de Pierre-Yves Rougeyron concernant l’Union européenne : ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption.
Frédéric : Le son est rétabli, Camille. Philippe Comte, souhaitiez-vous intervenir pour une première question de l’audience ?
Philippe Comte : Absolument. Je voulais avant tout féliciter Camille Adam pour son travail exceptionnel. Ma question est la suivante : outre la diffusion sur les réseaux sociaux, avez-vous proposé votre magnifique documentaire aux médias mainstream, et si oui, quelles furent leurs réponses ?
Camille : Non, je n’ai entrepris aucune démarche en ce sens. Je suis un consommateur suffisamment assidu des médias pour savoir d’avance que cela aurait été une pure perte de temps. Je ne vois pas dans quel univers une chaîne classique aurait pu accepter. D’ailleurs, pour mon second documentaire traitant du Conseil constitutionnel — un sujet théoriquement bien moins inflammable que l’Union européenne —, j’ai essuyé un refus poli des chaînes privées et du service public, me signifiant que le sujet était « trop sensible ». Si le Conseil constitutionnel effraie déjà, une critique structurelle de l’Europe est tout bonnement inenvisageable. C’est le tabou absolu.
Frédéric : Je te rejoins. Je voudrais à présent que nous évoquions Jacques Delors et sa fameuse « méthode de l’engrenage ». Pour moi, cette expression est un aveu fabuleux, car elle révèle l’existence d’une véritable ingénierie politique. Pourrais-tu nous expliquer comment cette mécanique a permis de contourner systématiquement le consentement démocratique des nations ?
Camille : La méthode de l’engrenage — que l’on pourrait tout aussi bien qualifier de méthode du piège — repose sur un mécanisme implacable : vous soustrayez une première parcelle de souveraineté à un État, ce qui le place mécaniquement dans un déséquilibre tel qu’il se verra contraint de transférer d’autres pans de sa souveraineté, et ainsi de suite. Ce n’est pas une invention de Jacques Delors ; le concept fut théorisé dès les années cinquante par les pères fondateurs. Il fallait délibérément contourner les parlements nationaux, car ils savaient que si l’on demandait leur avis aux peuples, ces derniers refuseraient de se dessaisir de leur pouvoir.
L’histoire européenne est limpide sur ce point. Prenons la libéralisation des capitaux. Dans les années quatre-vingt, il y avait encore un contrôle des changes. Mais en 1990, on décrète que les capitaux doivent circuler sans aucune entrave administrative. En libérant ainsi les flux, on a déchaîné la spéculation financière sur les monnaies nationales. Le franc, la lire, la livre sterling ont subi de violentes attaques. Comment les dirigeants ont-ils réagi à cette crise qu’ils avaient eux-mêmes créée ? Ils ont déclaré : « Regardez, la seule façon de nous en sortir et de nous protéger de cette spéculation, c’est de fusionner pour créer une monnaie unique ! »
On adopte donc l’euro. Puis arrivent les années 2010, et la spéculation frappe à nouveau, cette fois sur les taux d’intérêt des dettes souveraines. Et que nous dit-on alors ? « C’est bien la preuve qu’il nous faut un budget intégré de la zone euro ! » C’est cela, l’engrenage : on crée le problème et l’on impose la perte de souveraineté supplémentaire comme unique solution. En transférant un premier pouvoir, vous créez une faille par laquelle les marchés vous attaquent, ce qui vous force à transférer le pouvoir suivant.
Alain : C’est une fuite en avant dévastatrice. Mais lorsque l’on observe la situation actuelle, n’anticipez-vous pas, dans les deux années à venir, l’avènement d’un fédéralisme européen absolu, avec la mutualisation de la dissuasion nucléaire française et des dettes ? Croyez-vous que le saut fédéral soit imminent ?
Camille : Je suis convaincu que ce grand saut fédéral n’aura pas lieu. Il y a un biais très français qui consiste à croire que nous marchons inéluctablement vers un État fédéral. Ce qu’ils oublient, c’est que nos voisins n’en veulent absolument pas. Certes, il existe déjà un fédéralisme furtif avec la BCE et la Cour de Justice de Luxembourg, mais le saut qualitatif ultime — la création d’un budget massif de la zone euro avec une redistribution financière entre pays — est refusé catégoriquement par l’Allemagne et les pays du Nord.
Sur le volet de la dissuasion nucléaire, je prône la prudence. Le bouton de tir ne se partage pas. Les tractations portent plus vraisemblablement sur la possibilité pour des avions allemands de porter des têtes nucléaires françaises, comme ils le font avec les armes américaines. En revanche, il n’y a aucune limite à la perte de nos souverainetés dites « secondaires », comme notre industrie de défense ou le contrôle de nos forces de l’ordre. Le paradoxe tragique, c’est que nous n’aurons même pas droit au fédéralisme véritable qui, sur le plan strictement budgétaire, aurait pu nous soulager puisque l’Allemagne aurait dû payer pour nous. Nous subirons le pire des deux mondes : aucun État fédéral protecteur, et aucune souveraineté nationale, dans un système entièrement privatisé où nous ne déciderons de rien.
Toutefois, je prédis qu’à court terme, un choc d’une autre nature nous frappera : la cessation de paiement de l’État français. L’histoire se jouera alors dans la rue : accepterons-nous de tout privatiser comme la Grèce, ou bien renverserons-nous la table pour réimprimer un franc national ? L’urgence financière supplantera le débat sur le fédéralisme.
Marco : Bonsoir à tous. Tout ce que vous dépeignez est déjà programmé. Macron est là pour réduire la France à néant. L’endettement massif est un outil pensé pour nous rendre vassalisés à l’Union. Ne sommes-nous pas face à un projet orchestré visant à détruire la seule puissance industrielle indépendante qu’était la France des années soixante, pour mieux la soumettre à l’hégémonie américaine sous le masque de l’Union européenne ? En réalité, on a de plus en plus l’impression que l’Union n’est rien d’autre qu’un Saint-Empire germanique dans lequel la France s’est mutilée elle-même.
Camille : L’analogie est frappante. L’euro, couplé au libre-échange, a littéralement mutilé notre tissu économique. Aujourd’hui, face à l’hémorragie, on nous administre la morphine de l’endettement continu. Quant à l’existence d’un « empereur » américain, le débat est ouvert, mais la force motrice décisionnelle de l’Union européenne demeure, à mes yeux, le corporatisme industriel, incarné par Business Europe et l’ERT.
Concernant Emmanuel Macron, que son dessein soit cynique ou non, le fait est qu’il est totalement prisonnier de l’engrenage institutionnel. Même s’il était mû par un sursaut patriotique, il serait incapable de renverser la vapeur. La machine est trop lourde. Le verrouillage est absolu depuis Maastricht. Et cela vaut pour n’importe quel candidat qui accèderait au pouvoir : s’il n’est pas prêt à assumer une rupture totale avec les traités, il sera broyé.
Alain : Si je saisis bien, vous nous confirmez qu’il est parfaitement illusoire de croire aux promesses de partis politiques — comme le RN, Reconquête ou LFI — qui jurent pouvoir réformer l’Europe de l’intérieur. Les élections présidentielles de 2027 ne revêtent donc plus d’utilité ?
Camille : C’est d’une impossibilité absolue. La preuve nous en a été donnée au début du premier mandat d’Emmanuel Macron. Ce président ultra-européiste a mis tout le poids de la diplomatie française pour réclamer un budget de la zone euro. Qu’a-t-il récolté ? Une humiliation d’une violence inouïe. Dix-sept États membres se sont ligués contre la France pour torpiller son projet, le forçant à accepter un accord de façade dérisoire. Si un dirigeant qui se soumet aux diktats allemands se fait écraser de la sorte, comment imaginer qu’un candidat souverainiste puisse imposer ses vues ? Nous pesons pour une seule voix sur vingt-sept. Notre déficit est abyssal. Rationnellement, pourquoi nos partenaires nous écouteraient-ils ?
La malhonnêteté de formations comme LFI ou le RN réside dans le flou de leurs exigences. Que veulent-ils réformer au juste ? Les intérêts vitaux de la France sont en opposition totale avec le fonctionnement de l’Union. Il n’y a plus rien à sauver de cet édifice. Nous assistons à une pièce de théâtre qui se joue à guichets fermés depuis 1995.
Frédéric : Pascal, dans le tchat, pose une question qui brûle les lèvres de beaucoup : comment, très concrètement, renverse-t-on la table européenne ? Imaginons un président souverainiste nouvellement élu.
Camille : L’opération s’apparenterait à l’élaboration d’un titanesque plan de continuité d’activité de l’État. Il faudrait mobiliser la haute administration loyale pour détricoter des décennies d’intégration. Mais notre situation est infiniment plus périlleuse que celle du Royaume-Uni avec le Brexit, car nous devons affronter la surcouche de l’euro. Sortir de l’euro implique de recréer intégralement la tuyauterie financière d’une nation : modifier les logiciels bancaires, les terminaux de paiement, et imprimer des francs, tout en maîtrisant des enjeux de cybersécurité majeurs.
Il ne faut pas romantiser la sortie de l’euro : ce sera d’une brutalité extrême. Nous ferons face à de l’inflation importée, à des faillites en chaîne, et potentiellement à des faillites bancaires aux répercussions mondiales. Si, et seulement si, cette opération est maîtrisée avec une compétence rare, et que la nation entière fait corps, alors nous pourrons triompher et retrouver le droit d’exister dans l’Histoire, au prix d’une période de rationnement et de reconstruction comparable à 1945. Car l’alternative du maintien, c’est la mort clinique de la nation.
Myriam : Bonsoir Frédéric et Camille. Je tiens à nuancer votre propos : Macron n’est pas une simple victime du système, il est la tête de l’hydre, placé là pour démolir la France. Je pense également qu’il est beaucoup plus aisé de sortir de l’Union européenne : il suffit de mener un audit implacable sur les centaines de milliards d’euros qui se sont volatilisés. Ce discours alarmiste sur notre endettement est une terreur artificielle. Dès lors qu’un vrai président arrivera, il suffira de modifier la Constitution, de purger la macronie et de s’appuyer sur l’article 50 pour rompre les traités.
Camille : Merci Myriam. Modifier la Constitution ne fera pas miraculeusement repousser nos usines disparues. Le droit n’est qu’un outil. L’article 50 m’apparaît d’ailleurs comme un aspect presque dérisoire ; en situation de crise existentielle, on s’en affranchira allègrement. Le véritable enjeu du Frexit est pratique et économique : comment éviter l’effondrement de notre système bancaire.
Quant aux milliards liés à la fraude fiscale, c’est une piste indispensable. Mais les estimations tournent autour de 80 à 100 milliards d’euros. C’est vital, certes, mais dramatiquement insuffisant pour éponger une dette d’une toute autre magnitude. Et pour préciser, la France ne doit pas d’argent à l’Union européenne : la dette est détenue à 50 % par nos propres banques et assurances-vie, et le reste par des créanciers étrangers. Faire défaut sur cette dette obligera l’État à recourir à des emprunts forcés sur les hauts patrimoines ou à des accords bilatéraux pour continuer à rémunérer ses fonctionnaires. Ce sera une véritable économie de guerre.
Cali : Je partage le diagnostic, mais je nourris une réserve, Camille. Tu postules que les dirigeants souverainistes prônant une réforme de l’intérieur pèchent par incompétence plutôt que par malhonnêteté. Je soutiens pour ma part que l’Union fonctionne comme un cartel mafieux, et que ces partis, par pur cynisme électoral et pour conserver leurs parts de marché politique, se soumettent consciemment à ce système destructeur. Ne sont-ils pas délibérément complices ?
Camille : C’est une interrogation abyssale. Où se situe la frontière exacte entre la compromission cynique et l’incapacité intellectuelle de nos élites ? À force de les observer, je penche vers l’hypothèse d’une mécompréhension tragique. LFI a purgé ses souverainistes en 2017 et s’imagine aujourd’hui qu’une simple désobéissance feutrée suffirait à faire plier Bruxelles, preuve de leur ignorance totale de la coercition du système monétaire. Le RN a suivi une trajectoire similaire de normalisation, s’apparentant à une soumission par anticipation. L’ignorance crasse des rapports de force macroéconomiques me semble être le principal coupable de leur inaction.
Pierre Alain : Bonsoir. Je voulais réagir avec force. La France n’aurait-elle même plus le pouvoir de dire « non » ? Nous voyons pourtant des pays bien plus modestes, comme la Hongrie ou la Slovaquie, taper du poing sur la table avec succès. N’avons-nous pas l’arme atomique de notre propre poids économique : si la France quitte la table, l’Europe explose ? Ne pourrions-nous pas commencer par mettre un terme à notre propre gabegie budgétaire nationale avant de parler de Frexit ?
Camille : Sur la question du « non », la réalité institutionnelle est une froide arithmétique. À vingt-sept membres, la voix de la France ne pèse que 3 % des suffrages au Conseil de l’Union européenne. La France porte historiquement une voix protectionniste, mais les élargissements successifs ont intégré des nations dont la matrice repose sur le libre-échange absolu. Nous sommes structurellement et définitivement minoritaires.
Lorsque l’on négocie le Mercosur, la France est balayée par la coalition adverse. Bloquer nos ports pour empêcher l’entrée des marchandises nous précipiterait dans une guérilla diplomatique exténuante face à de féroces mesures de rétorsion. L’illusion d’une rébellion pérenne de l’intérieur, sans volonté de sécession, est vaine. Si l’on recourt au blocage institutionnel — le « Bruxit » —, cela ne doit avoir d’autre but que de forcer une crise diplomatique majeure pour dévoiler la nature punitive de l’Union, préparant ainsi l’opinion publique au seul véritable dénouement : le Frexit.
Philippe Comte : La question que je souhaite soumettre concerne la menace qui pèse sur l’essence de nos processus démocratiques. À la lumière du précédent roumain et des déclarations de responsables européens prônant la censure, l’Union européenne oserait-elle annuler les résultats d’élections nationales en France, sous le prétexte de lutte contre la désinformation ou les ingérences, si un candidat eurosceptique l’emportait ?
Camille : Je souscris à mille pour cent à ce scénario. L’outil légal de l’annulation d’un scrutin sur le motif d’altération par des « fake news » est déjà à leur disposition, selon les juristes que j’ai consultés. Sur le plan politique, l’observation des commissions parlementaires révèle une classe dirigeante qui croit sincèrement que la contestation n’est pas le fruit de son incurie, mais d’une manipulation étrangère. La convergence entre cette paranoïa et l’arsenal juridique forme un cocktail effrayant. Si un deepfake survient lors de la présidentielle de 2027, ils n’auront aucun scrupule à exiger l’annulation du scrutin pour protéger la « sincérité du vote ». Mais s’ils s’aventurent à voler l’élection de 2027 comme ils ont effacé le référendum de 2005, la riposte populaire sera d’une fureur insurrectionnelle incontrôlable.
Frédéric : Je souhaite relayer une question de Nathalie dans le tchat, concernant la déclassification de documents sur un plan de pillage de la Grèce par l’Europe. La France est-elle menacée par le même destin ?
Camille : La crise grecque a en effet servi, avant toute chose, à préserver le bilan des banques créancières françaises et allemandes. L’objectif n’était pas de détruire la Grèce par préméditation, mais d’interdire à tout prix sa sortie de la zone euro, pour ne pas briser le dogme de l’irréversibilité monétaire. En privant le pays du droit de dévaluer, la seule échappatoire a été la privatisation massive et la vente à la découpe de son patrimoine. Si la France en venait à la cessation de paiement sans quitter l’euro, c’est très exactement ce dépeçage méthodique, par des vautours financiers, qui l’attendrait.
Nita : Bonsoir. Avant même d’invoquer le Frexit, ne faudrait-il pas commencer par démanteler l’État profond français, cette administration tentaculaire formatée pour la propagande européiste, comme l’analyse Ghislain Benhessa dans Nos vrais maîtres ?
Camille : Cette nébuleuse, composée du Secrétariat Général des Affaires Européennes et de certaines représentations diplomatiques, agit effectivement comme la courroie de transmission des diktats bruxellois. S’il fallait instaurer une doctrine de rupture, il faudrait inévitablement écarter les éléments les plus farouchement déloyaux. Néanmoins, l’expérience prouve que la haute fonction publique est souvent d’un grand pragmatisme, pour ne pas dire opportunisme. Sous l’impulsion d’un pouvoir politique résolu, la majorité de ces agents s’alignerait avec vélocité pour servir la souveraineté nationale.
Alain : Le scénario d’une sortie concertée et ordonnée à plusieurs pays, prôné par certains souverainistes, vous semble-t-il crédible ?
Camille : Je ne crois pas à la fable d’une sécession paisible, ratifiée autour d’une table diplomatique. L’effondrement sera chaotique, sans doute déclenché par une cessation de paiement. Mais au cœur de cet orage, la nécessité fera loi : les nations libérées de l’euro retrouveront le chemin d’une coopération pragmatique et bilatérale, pour dénouer les dettes et stabiliser le continent en tant que nations souveraines.
Brigitte Oloi : Si l’effondrement s’apparente à la chute de l’Union soviétique, la France devra-t-elle traverser vingt années douloureuses de reconstruction industrielle ? L’épargne colossale des Français ne pourrait-elle pas financer ce renouveau ?
Camille : La comparaison avec la désintégration soviétique est très juste, et le délai de reconstruction prendra en effet l’espace d’une génération. Toutefois, la France possède des atouts historiques exceptionnels pour redécoller : un formidable gisement d’ingénieurs, une puissance agricole capable d’assurer notre autonomie, notre souveraineté énergétique nucléaire, un secteur bancaire puissant et, comme vous le rappelez, une épargne populaire de plus de six mille cinq cents milliards d’euros. En situation de souveraineté recouvrée, il sera vital de réorienter cette épargne vers l’industrie productive, possiblement via des emprunts d’État forcés mais rémunérés. Le parcours sera rude, mais l’horizon souverain est infiniment plus désirable que l’effacement définitif qui nous est actuellement promis.
Emmanuel : Notre industrie de défense, florissante, ne prouve-t-elle pas que nous restons une grande puissance souveraine ? Par ailleurs, l’élargissement à l’Ukraine ne provoquera-t-il pas naturellement l’écroulement de l’Union ?
Camille : L’industrie de l’armement est une fierté, mais elle ne compensera jamais la disparition totale des filières industrielles de masse. Quant à l’élargissement, intégrer l’Ukraine, avec son agriculture géante et ses coûts de main-d’œuvre misérables, signerait l’arrêt de mort de nos paysans et multiplierait les crises structurelles. Ce pourrait en effet être la goutte d’eau fatale qui précipitera l’éclatement de l’Union de l’intérieur.
Frédéric : Les États-Unis ont-ils un intérêt stratégique à voir l’Union européenne se fragmenter ? En cas de sortie, la France post-UE pourrait-elle forger de nouvelles alliances avec les BRICS ?
Camille : Les États-Unis et leurs multinationales n’ont aucun intérêt à voir disparaître ce vaste marché dérégulé et captif qu’est l’Europe. Tuer leur meilleur vassal serait une hérésie stratégique. S’agissant des BRICS, dans un monde post-UE, notre souveraineté retrouvée nous permettra de négocier librement avec la planète entière, y compris pour sécuriser des financements ou des systèmes interbancaires alternatifs à SWIFT, guidés par nos seuls intérêts vitaux.
Frédéric : Cette discussion vertigineuse nous montre à quel point le décryptage des mécanismes bruxellois exige un effort intellectuel immense. C’est précisément l’ambition du Pari de l’Intelligence Collective (PIC) : unir nos compétences et nous approprier les outils de l’information pour opposer une force citoyenne structurée à la dépossession technocratique. Alain, un mot pour conclure ?
Alain : Je tiens à exprimer une immense gratitude à notre invité. Malgré un diagnostic implacable, nous clôturons sur une perspective exaltante : le défi majestueux de bâtir les prochaines Trente Glorieuses post-Frexit.
Camille : Si je puis formuler un ultime vœu : concentrez vos efforts sur le présent. Allez lire les publications actuelles des lobbys industriels et de l’ERT ; elles contiennent, noir sur blanc, les chaînes de demain. C’est en décryptant ces textes par l’intelligence collective que nous acquerrons une longueur d’avance inattaquable.
Frédéric : Merci infiniment, Camille, pour ce discours de vérité implacable. J’appelle tous nos auditeurs à soutenir la cagnotte destinée à financer votre prochain documentaire d’investigation, et à partager massivement le film « Au nom de l’Europe » pour qu’il franchisse le million de vues. Merci également au camarade « Chien Surpris » d’avoir mis sa formidable audience au service de ce débat crucial. Excellente fin de soirée à tous. Je clos cette émission.
Concepts à retenir :
La matrice médiatique et la dissonance cognitive (Frédéric Bascuñana)
Nous sommes maintenus dans un coma artificiel par des médias dominants qui s’évertuent à nous dépeindre un Occident moral, uni et infaillible. Cette scénographie rassurante vole en éclats dès qu’on la confronte à la brutalité inouïe du monde réel, engendrant une fracture psychologique majeure chez les citoyens. L’animateur dénonce avec une virulence salutaire ce décalage pathologique entre la narration officielle et les faits tangibles, nous incitant à briser le miroir aux alouettes pour regarder la réalité en face.
« Sur les chaînes du service public ou de l’info en continu, on a de cesse de vous vendre une fable rassurante, celle d’un Occident moral uni. »
« C’est ce que j’appelle la dissonance cognitive version terminale. »
Cette thématique est fondamentale puisqu’elle pose les bases de toute émancipation intellectuelle : on ne peut combattre un adversaire si l’on refuse de voir le champ de bataille. Je souligne toutefois que la critique des médias, bien qu’indispensable, nécessite une rigueur absolue pour ne pas sombrer dans le relativisme total où plus aucune information ne ferait autorité.
Le retour foudroyant de la puissance brute (Caroline Galacteros)
Le droit international, jadis brandi comme un bouclier universel, gît désormais dans le caniveau de l’Histoire. L’enlèvement d’un chef d’État souverain par les États-Unis illustre de manière spectaculaire le triomphe de l’arbitraire et de la loi du plus fort. L’experte décrypte avec froideur cette ère nouvelle où les puissances hégémoniques agissent à mains nues, sans même s’embarrasser du vernis hypocrite de la légalité, redessinant les frontières et les alliances au gré de leurs intérêts exclusifs.
« Il a enlevé les gants, il a tout enlevé quoi, je veux dire, il est à mains nues et il se jette sur la planète. »
« C’est le retour de la pure puissance, la brutalité à l’état brut. »
Il est d’une urgence vitale de comprendre ce paradigme pour cesser d’invoquer des règles que nos adversaires (et nos prétendus alliés) ont piétinées. Cette vision hobbesienne du monde heurte notre sensibilité d’Européens pacifiés, mais elle a le mérite inestimable de nous arracher à notre naïveté suicidaire.
Le naufrage de l’alliance atlantique et le déni français (Frédéric Bascuñana)
L’Europe, et la France en particulier, s’accrochent désespérément au mythe du parapluie protecteur américain, tel un somnambule marchant vers l’abîme. L’abandon assumé de certains alliés par Washington prouve que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord n’est plus qu’une relique vidée de sa substance protectrice. Persister dans cette soumission atlantiste n’est plus une stratégie, c’est une abdication pure et simple de notre destin national face à un empire qui ne considère que ses propres intérêts vitaux.
« Nous sommes comme des somnambules sur un toit en pente. »
« Nous continuons de réciter le bréviaire de l’alliance atlantique alors que l’article 5 est probablement déjà mort et enterré. »
Ce diagnostic est d’une justesse implacable pour réveiller les consciences patriotiques. On peut cependant s’interroger sur l’alternative immédiate : l’Europe a-t-elle aujourd’hui les moyens militaires et politiques d’assumer seule cette rupture sans risquer un effondrement sécuritaire à court terme ?
L’ostracisation systémique de la pensée réaliste (Caroline Galacteros)
Dans notre espace public cadenassé, toute tentative d’analyser les relations internationales avec pragmatisme vous vaut d’être immédiatement excommunié et qualifié d’agent de l’étranger. L’invitée témoigne de cette inquisition moderne qui marginalise les esprits libres refusant d’épouser la doxa manichéenne. Cette mise au ban des cerveaux lucides prive notre pays de l’intelligence stratégique indispensable pour naviguer dans les tempêtes qui s’annoncent.
« Je suis totalement radioactive même, je suis un truc, on a peur que ça vous explose. »
« On ne veut surtout pas risquer de troubler une pensée qui se veut extrêmement performative. »
Il s’agit d’une dénonciation courageuse du terrorisme intellectuel qui gangrène nos élites. C’est un point d’autant plus crucial qu’il explique pourquoi nos dirigeants s’enferment dans l’erreur : en éliminant la contradiction, ils se condamnent à l’aveuglement.
Le péché originel de la guerre en Serbie (Caroline Galacteros)
Le démantèlement de l’ordre juridique mondial n’a pas commencé hier, mais bien en 1999 avec les frappes illégales sur Belgrade. L’oratrice démontre de façon magistrale comment l’Occident a ouvert la boîte de Pandore en bombardant un État souverain sans mandat de l’Organisation des Nations unies, s’appuyant sur des manipulations sous faux drapeau. C’est cet acte d’hubris qui a signé l’arrêt de mort du droit international et légitimé par la suite toutes les ingérences unilatérales.
« La première énorme entorse de fait dans ce discours, ça a été le bombardement de 99 de la Serbie. »
« Faux drapeau en amont avec ce qu’on a appelé le massacre de Račak, faux accords de Rambouillet, enfin tout était faux. »
Rappeler cette vérité historique est une entreprise de salubrité publique qui pulvérise notre sentiment de supériorité morale. La critique pourrait toutefois soulever que les exactions sur le terrain, bien que politisées, exigeaient une réponse, soulevant le sempiternel dilemme entre légalité et légitimité de l’ingérence.
Le mensonge mortifère des armes de destruction massive en Irak (Caroline Galacteros)
L’invasion de 2003 reste le cas d’école absolu de la manipulation étatique visant à détruire une nation souveraine sous de faux prétextes. En détricotant cette supercherie, l’invitée souligne la permanence d’un système anglo-saxon prêt à inventer n’importe quelle menace pour justifier sa politique hégémonique. C’est une piqûre de rappel essentielle pour comprendre que les narratives de guerre actuelles sont souvent forgées dans les mêmes officines et avec les mêmes méthodes délétères.
« Tout le monde savait très bien qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive, c’est une vaste supercherie. »
« Même les inspecteurs américains ont dit : il n’y en a pas, et à partir de là, leur carrière a connu un sort assez difficile. »
L’argument est redoutable car il s’appuie sur des faits incontestables pour instiller un doute salutaire sur les discours d’aujourd’hui. Qui nous mentait hier nous ment très probablement encore aujourd’hui.
Le glissement pernicieux vers un ordre basé sur des règles (Caroline Galacteros)
L’effacement discret du terme « droit international » au profit d’un « ordre basé sur des règles » constitue une formidable arnaque sémantique. Cette substitution permet à l’Occident de s’arroger le droit exclusif de dicter, de modifier et d’appliquer ces règles au gré de ses caprices géopolitiques. C’est l’institutionnalisation de l’arbitraire sous le masque séduisant de l’universalisme, une dérive totalitaire qui exaspère légitimement le reste de la planète.
« On a gentiment glissé vers ce qu’on a appelé l’ordre du monde basé sur des règles, non plus du droit. »
« Des règles qu’évidemment l’Occident s’octroie l’exclusivité de la définition. »
Cette analyse lexicale est brillante car elle dévoile les mécanismes insidieux de notre propre impérialisme. Elle nous invite à purger notre langage pour retrouver une pensée politique intègre.
Le sabotage délibéré de l’équilibre de la terreur (Caroline Galacteros)
Enivrée par sa toute-puissance, l’Amérique a cherché à détruire la symétrie nucléaire en développant des boucliers antimissiles censés la rendre invulnérable. Ce refus d’accepter la vulnérabilité partagée a paradoxalement ruiné la sécurité mondiale en forçant la Russie à développer des armes hypersoniques imparables. En voulant abolir l’équilibre de la terreur, nous avons simplement ressuscité la terreur sans l’équilibre.
« En détruisant les assurances de la Russie, on l’a mise face à une nécessité qui était de trouver la parade. »
« Un bouclier antimissile rompt l’équilibre, or paradoxalement, l’équilibre de la terreur assure la sécurité. »
Il s’agit d’une démonstration implacable des lois de la physique stratégique. La critique ici serait d’évaluer si la course aux armements n’est pas inhérente à la nature technologique des puissances, indépendamment de leurs intentions diplomatiques.
L’ethnocentrisme dévastateur des printemps arabes (Caroline Galacteros)
L’ingérence occidentale au Moyen-Orient et au Maghreb a été justifiée par une illusion messianique : la croyance que nos normes démocratiques sont universellement désirées. En imposant notre modèle à coups de bombes, nous avons fracassé des sociétés complexes, balayé leurs traditions politiques et semé le chaos, le tout avec un aplomb teinté de condescendance coloniale.
« C’est basé quand même sur un ethnocentrisme délirant, cette idée que le monde entier doit être heureux de se voir imposer nos canons politiques. »
« Leur culture on s’en fiche, ils doivent avaler la potion qu’on leur donne. »
Ce constat frappe juste et fort contre la bien-pensance progressiste qui confond souvent exportation de la démocratie et impérialisme culturel. C’est une remise en question douloureuse mais inévitable de nos certitudes morales.
L’effondrement de la légitimité et du prestige occidentaux (Caroline Galacteros)
Les interventions successives des trente dernières années n’ont produit que ruines, guerres civiles et terrorisme. Face à ce bilan calamiteux, l’Occident a épuisé son crédit moral et politique auprès du monde entier. Les autres nations ne voient plus en nous des libérateurs éclairés, mais des prédateurs cyniques dont la parole ne vaut plus rien, ce qui explique l’émergence d’alliances alternatives puissantes.
« Toute cette séquence n’a abouti qu’à détruire des pays, le discrédit occidental est très profond. »
« On a réussi à casser tous ces pays, mais on n’a jamais cru nous-mêmes qu’on allait en faire des démocraties. »
Ce thème central expose la faillite de notre stratégie d’influence. Si l’observation est exacte, on peut toutefois arguer que l’Occident conserve, par sa force économique et technologique, une capacité de nuisance qui retarde l’émergence d’un ordre pleinement multipolaire.
Le coup d’arrêt magistral de la Russie en Syrie (Caroline Galacteros)
L’année 2015 marque une césure tectonique : en intervenant pour sauver l’État syrien, la Russie a publiquement humilié la stratégie de morcellement orchestrée par les Occidentaux. Cette victoire inattendue a non seulement sauvé un allié historique, mais elle a aussi signifié au monde que l’Amérique n’était plus invincible et que le cours de l’hégémonie pouvait être inversé par la volonté d’une nation résolue.
« La Russie a fait la preuve qu’elle était capable de renverser la vapeur en Syrie et de déjouer le plan. »
« C’est le moment où les États-Unis ont compris que leur légitimité était tombée. »
Cette analyse est capitale pour comprendre la genèse des tensions actuelles ; la guerre en Ukraine n’est que la réplique sismique de la frustration américaine née en Syrie.
La supercherie de la guerre ukrainienne non provoquée (Caroline Galacteros)
Le récit d’une agression russe surgie de nulle part un beau matin de 2022 est dénoncé comme un mensonge d’État d’une ampleur inédite. L’oratrice rappelle que ce conflit a été consciencieusement préparé, armé et provoqué par l’Occident depuis au moins 2014, dans le but d’épuiser Moscou. Refuser de voir cette ingénierie de la guerre, c’est s’interdire de comprendre les véritables enjeux de ce massacre géopolitique.
« L’unprovoked war of aggression, c’est un mensonge tellement énorme, tous les gens informés le savent. »
« L’OTAN n’a fait que préparer l’Ukraine au choc contre la Russie depuis 2015. »
Ce contre-récit est une bombe jetée dans la mare de la pensée unique. Il force à repenser l’entièreté du conflit, bien qu’il suscite d’âpres controverses sur la part de responsabilité inhérente à la décision de franchir militairement une frontière souveraine.
Le pragmatisme prosaïque de Donald Trump (Caroline Galacteros)
Loin de l’image de fou imprévisible que lui prêtent nos médias, le dirigeant américain est décrit comme un réaliste brutal qui hiérarchise les menaces. Il comprend que son pays ne peut affronter simultanément la Russie, la Chine et l’Iran. Son approche transactionnelle et son refus de l’universalisme béat pourraient paradoxalement offrir la seule issue diplomatique viable au chaos mondial, en traitant les autres puissances pour ce qu’elles sont, et non pour ce qu’elles devraient être.
« Il prend acte de ce discrédit, il série les problèmes : notre compétiteur c’est la Chine. »
« Il n’est pas forcément réaliste, c’est un homme prosaïque qui veut remuscler la puissance américaine. »
C’est une lecture rafraîchissante qui dépoussière les analyses européennes tétanisées par le trumpisme. Elle nous oblige à voir l’efficacité là où nous ne voulions voir que la vulgarité.
L’hégémonie libérale comme matrice des guerres modernes (Caroline Galacteros)
S’appuyant sur les thèses de John Mearsheimer, l’invitée assène que la volonté d’imposer la démocratie libérale au monde entier est la cause première de l’instabilité globale. C’est cette croisade idéologique, drapée de bonnes intentions, qui engendre les conflits les plus meurtriers, car elle refuse par essence l’existence d’autres modèles civilisationnels et cherche à détruire tout ce qui lui résiste.
« L’hégémonie libérale est la principale source de conflit, c’est la volonté d’exporter la démocratie qui cause les guerres. »
« Les moralisateurs sont beaucoup plus cyniques que les réalistes. »
Cet argumentaire philosophique est d’une puissance redoutable pour démonter la prétendue supériorité morale de nos élites. C’est un appel vibrant à la modération géopolitique.
L’entrave systémique par l’état profond américain (Caroline Galacteros)
Les tentatives d’apaisement ou de realpolitik se heurtent systématiquement à une caste de néoconservateurs et de hauts fonctionnaires incrustés dans l’appareil d’État. Ces idéologues fanatisés continuent de rêver au démembrement des puissances rivales et n’hésitent pas à saboter, par des provocations militaires ou diplomatiques, les velléités de paix de leurs propres présidents.
« Il y a des courants autour de lui qui sont des néocons fervents, eux c’est la Russie en morceaux, l’Iran en morceaux. »
« Ils ont réussi à pousser les Russes dans les bras des Chinois, ils sont tellement mauvais. »
La notion d’état profond, souvent galvaudée, prend ici une consistance effrayante. Elle souligne la difficulté extrême à réformer l’empire de l’intérieur, tant la machinerie guerrière est autonome.
La fiction de l’autonomie stratégique ukrainienne (Caroline Galacteros)
Présenter Kiev comme un acteur souverain maître de son destin est une fable que les faits contredisent chaque jour. La conduite des opérations, le renseignement, le ciblage et la logistique sont intégralement sous perfusion de l’état-major atlantiste basé en Allemagne. Le pouvoir ukrainien n’est que la vitrine tragique d’une guerre par procuration dirigée depuis Washington et Londres.
« Les armées ukrainiennes sont quasiment dirigées à partir de Wiesbaden. »
« L’autonomie de jugement et d’action du pouvoir ukrainien est une fiction qui ne tient pas la route une demi-seconde. »
Cette démystification brutale est essentielle pour comprendre qui détient réellement les clés de la paix. Elle heurte frontalement le romantisme médiatique de la résistance nationale pour le ramener à la cruelle réalité des conflits mandataires.
La stratégie de désescalade asymétrique de la Russie (Caroline Galacteros)
À rebours du portrait d’un agresseur hystérique, Vladimir Poutine est analysé comme un dirigeant d’une extrême prudence, refusant de mordre aux multiples provocations qui visent à l’entraîner dans une conflagration totale. Malgré les frappes sur ses fleurons stratégiques et les tentatives d’assassinat ciblées, il maintient un cap rationnel, démontrant une maîtrise des nerfs qui contraste avec la frénésie escalatoire de l’Occident.
« Vladimir Poutine est extrêmement prudent, il fait de la désescalade en permanence. »
« Les autres escaladent, lui désescalade sans arrêt, malgré les frappes sur ses radars d’alerte nucléaire. »
Cette grille de lecture est éminemment subversive car elle inverse totalement les rôles de l’irrationnel et du raisonnable. Elle soulève l’angoisse légitime de savoir jusqu’où la retenue d’une puissance nucléaire peut être testée avant la rupture.
La souveraineté inhérente à la capacité de coercition (Caroline Galacteros)
Dans l’arène impitoyable des relations internationales, la souveraineté n’est pas un droit inaliénable gravé sur un parchemin, mais une condition matérielle garantie par la force. Si une nation ne possède pas les moyens militaires et économiques d’imposer le respect, sa souveraineté n’est qu’une illusion qui s’évaporera à la première crise sérieuse. Les bons sentiments ne protègent pas les frontières.
« La souveraineté va de pair avec la puissance ; si vous n’êtes pas puissant, vous n’êtes rien. »
« Si on vous désarme complètement, ce n’est plus de la souveraineté, c’est le dernier stade de l’esclavage. »
C’est un rappel à l’ordre cinglant pour les nations européennes qui ont cru pouvoir externaliser leur défense. La leçon est sévère : le désarmement volontaire est un suicide politique.
L’inhumanité structurelle des sanctions économiques (Caroline Galacteros)
Loin d’être une alternative douce à la guerre, les régimes de sanctions sont dénoncés comme des armes de destruction massive ciblant délibérément les populations civiles. En étranglant l’économie des pays récalcitrants pour provoquer des soulèvements internes, l’Occident fait preuve d’un cynisme barbare qui détruit le tissu social, favorise la corruption et asservit les peuples sous couvert d’intentions libératrices.
« C’est cette capacité à faire mourir de faim des sociétés entières au nom de leur bien-être. »
« On écrase le truc pour mettre les gens dans la rue, c’est le dernier stade de l’esclavage. »
Cette prise de conscience est dévastatrice pour notre bonne conscience. Elle démontre que la guerre économique est souvent plus cruelle et durable que l’affrontement militaire classique, remettant en cause la légitimité éthique de nos diplomaties.
L’impératif catégorique du réarmement intellectuel (Frédéric Bascuñana)
Face à la faillite des élites et à l’ingénierie du mensonge, la survie de la nation repose sur la capacité des citoyens à forger leur propre intelligence stratégique. L’animateur lance un vibrant appel à la mobilisation cognitive, exhortant son audience à se cultiver, à chercher des sources dissidentes et à s’organiser. Dans cette nouvelle guerre froide, l’esprit critique est l’ultime ligne de défense contre la servitude volontaire.
« Oubliez vos certitudes, oubliez ce que le 20h vous a raconté hier soir. »
« Il faut armer nos esprits, car dans le monde qui vient, l’ignorance sera un danger mortel. »
C’est la conclusion opératoire et militante de cet échange vertigineux. Il ne suffit plus de comprendre le monde, il faut s’équiper mentalement pour y survivre et, peut-être, inverser la marche funeste de l’Histoire.